"Jour de colère" contre l'offensive israélienne

le 02 janvier 2009 à 06h34 , mis à jour le 02 janvier 2009 à 15h51

Des milliers de palestieniens ont manifesté contre les raids de Tsahal en Cisjordanie et à Jérusalem, où la police est en état d'alerte.

Palestiniens manifestant lors de la "journée de colère" voulue par le Hamas (2 janvier 2008)Palestiniens manifestant lors de la "journée de colère" voulue par le Hamas (2 janvier 2008) © TF1/LCI

Au septième jour de l'offensive israélienne, des milliers de Palestiniens sont descendus dans la rue vendredi pour une "journée de la colère" à l'appel du Hamas, contre Israël. En Cisjordanie, des milliers de gens ont manifesté à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, encadrés par un important dispositif de sécurité. Brandissant des drapeaux palestiniens et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, et quelques bannières du Hamas rival, les manifestants de Ramallah ont scandé : "nous sommes prêts à sacrifier notre âme et notre sang pour Gaza". Des slogans de soutien au Hamas ont aussi appelé le Premier ministre du mouvement qui contrôle Gaza, Ismaïl Haniyeh, "à frapper Tel-Aviv". Un porte-parole du Hamas a lui affirmé que "toutes les options  sont ouvertes pour contrer cette agression, y compris les opérations de martyres (des attentats suicide) contre les objectifs sionistes partout".

A Jérusalem-est, site de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de  l'islam, des heurts entre lanceurs de pierres palestiniens et police israélienne ont éclaté après les prières. Sur l'esplanade, près de 3000 fidèles ont prié dans le calme. La police israélienne avait déployé d'importants renforts et limité l'accès aux hommes de  50 ans et plus originaires de Jérusalem-est ou des villes arabes d'Israël, ceux de Cisjordanie étant empêchés d'entrer dans la Ville sainte. Les forces de l'ordre israéliennes étaient en état d'alerte avancé, le bouclage de la Cisjordanie avait été renforcé et de nombreux policiers et gardes-frontières quadrillaient la Vieille ville de Jérusalem. Et dans le monde, des manifestations ont été signalées en Afghanistan, à Jakarta, Istanbul, et dans plusieurs villes d'Iran, notamment à Téhéran.

Plus de 400 morts

Dans la nuit, le Premier ministre israélien Ehud Olmert, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et le ministre de la Défense Ehud Barak ont tenu des consultations nocturnes en vue de la suite à donner à l'offensive à Gaza. Jeudi à Paris, où elle s'est entretenue avec Nicolas Sarkozy, Tzipi Livni avait réaffirmé qu'Israël déciderait "le moment venu" d'arrêter ses opérations. Nicolas Sarkozy doit entamer lundi une tournée au Proche-Orient pour "chercher les chemins de la paix". Il se rendra en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, puis mardi en Syrie et au Liban, a annoncé l'Elysée. De son côté, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui n'envisage pas pour l'instant de se rendre sur place, a prôné vendredi un cessez-le-feu "le plus rapidement possible", mais a souligné qu'il devait être "durable" et ne pas permettre un retour au "statu quo".

Dans la matinée, des appareils israéliens ont laché sur Gaza des milliers de tracts exhortant la population à communiquer à l'armée les emplacements des combattants du Hamas. l'aviation et les navires de guerre israéliens ont ensuite poursuivi les raids dans la bande de Gaza. Selon un bilan de médecins palestiniens, au moins 428 Palestiniens ont été tués et quelque 2500 blessés depuis le 27 décembre, début de l'opération "Plomb durci" visant à contraindre le Hamas à stopper les tirs de roquettes sur  Israël. Au moins un quart des victimes sont des civils, dont des femmes et des  enfants, selon l'ONU.

Les étrangers fuient Gaza

Les étrangers quittant Gaza, le 2 janvier 2009200 ressortissants étrangers fuient vendredi les bombardements israéliens via le terminal d'Erez, en Israël, qui était fermé depuis le début des opérations samedi, sauf pour permettre le passage d'un nombre limité de blessés civils palestiniens soignés dans des hôpitaux israéliens. La plupart sont d'origine russe, mais on compte aussi des détenteurs de passeports des Etats-Unis, Norvège, Turquie, Ukraine et Belarus notamment. Ces départs d'étrangers surviennent alors que l'armée israélienne a achevé ses préparatifs en vue d'une possible offensive terrestre à Gaza.

D'après agence

le 02 janvier 2009 à 06:34
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