Un bâtiment du Hamas à Gaza, détruit par les raids israéliens, le 30 décembre 2008 © AbacapressEn huit jours de bombardements du territoire palestinien, l'armée a porté un coup dur aux dirigeants du Hamas ainsi qu'à leurs capacités militaires. Depuis le 27 décembre, plus de 460 Palestiniens ont péri dans les raids aériens et maritimes qui ont provoqué aussi d'importantes destructions. Pourtant, malgré l'intensité des raids, les activistes palestiniens ont continué de tirer des roquettes sur Israël, atteignant des cibles de plus en plus lointaines, et tuant quatre Israéliens. D'où le consensus, au sein de l'état-major israélien, sur la nécessité d'une opération terrestre pour atteindre l'objectif officiel de l'opération "Plomb durci" : la fin des tirs de roquettes.
Pour cette offensive, Israël a massé au cours de la semaine écoulée des chars et des soldats le long des 60 kilomètres de frontière avec la bande de Gaza et rappelé des milliers de réservistes. Mais Tsahal devrait rencontrer une forte résistance du Hamas qui aura recours à des tactiques de guérilla, et l'attaque terrestre pourrait s'avérer coûteuse en vies humaines. Les estimations israéliennes chiffrent à 8000 le nombre de combattants très entraînés dont dispose le Hamas. Ce qui rend encore plus difficile la mission de l'armée israélienne.
"Des dizaines de militaires israéliens pourraient être tués"
Les responsables militaires israéliens s'accordent sur le fait qu'un déploiement de troupes au sol à Gaza, dans des zones urbaines totalement contrôlées par le Hamas, risque de se traduire par une nette hausse du nombre de victimes. "Des dizaines de militaires israéliens pourraient être tués dans une opération terrestre. Le nombre de morts côté palestinien pourrait être trois à quatre fois plus élevé", estime Efraim Inbar, directeur du Centre Begin-Sadate de l'Université Bar Ilan. Yuval Diskin, chef du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, a averti pour sa part que l'armée de terre allait à Gaza au devant de roquettes antichars, de champs de mines, d'embuscades, de tranchées et de positions fortifiées commandées par des chefs aguerris.
La dernière grande offensive israélienne contre la bande de Gaza, lancée après l'enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit par un commando palestinien, avait duré plusieurs mois et s'était soldée par la mort de plus de 400 Palestiniens et trois militaires israéliens. Cette fois, estime l'état-major israélien, le bilan pourrait être beaucoup plus élevé.
D'après agence
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