Tzipi Livni réfute une crise humanitaire

le 01 janvier 2009 à 18h43 , mis à jour le 01 janvier 2009 à 21h56

Reçue à l'Elysée, au sixième jour des raids à Gaza, la ministre israélienne a réaffirmé qu'Israël déciderait "le moment venu" d'arrêter ses opérations militaires.

Tzipi Livni s'exprimant à l'Elysée après une rencontre avec Nicolas Sarkozy (1er janvier 2008)Tzipi Livni s'exprimant à l'Elysée après une rencontre avec Nicolas Sarkozy (1er janvier 2008) © TF1/LCI

Alors que Nicolas Sarkozy doit se rendre la semaine prochaine au Proche-Orient pour "chercher les chemins de la paix" - une tournée éclair qui doit le conduire successivement lundi en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, puis mardi en Syrie et au Liban - le chef de l'Etat français a reçu ce jeudi à l'Elysée la ministre israélienne des Affaires étrangères, laquelle a tenté d'expliquer le refus, à ce stade, par Israël, d'un cessez-le-feu avec le Hamas. "Le président Sarkozy connaît bien la situation et la complexité de notre région, il comprend la nature de la menace à laquelle Israël est confronté", a souligné Tzipi Livni, à l'issue de cette rencontre, dans une brève déclaration prononcée dans la cour de l'Elysée.

La représentante de la diplomatie israélienne, qui a rejeté par communiqué la proposition française d'un cessez-le-feu de 48 heures dans la bande de Gaza pour permettre l'acheminement d'une aide humanitaire, inutile selon elle puisque les camions d'aide passent les points de contrôle, a souligné qu'elle avait examiné avec Nicolas Sarkozy la "meilleure stratégie" à suivre pour parvenir à une solution. Mais, a-t-elle poursuivi, Israël est attaqué "parce que nous représentons les valeurs du monde libre, y compris celles de la France". Et selon elle, la tournée du chef de l'Etat français au Proche-Orient peut permettre de faire passer ce message. Avant cette rencontre, Tzipi Livni avait déjeuné avec son homologue Bernard Kouchner, qu'elle avait mis en garde contre le risque d'accorder une légitimité au Hamas, et avait défendu dans les médias français la position israélienne. "Ici on a l'impression de comprendre qu'Israël ne veut pas le cessez-le-feu. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit", avait-elle souligné dans un entretien à i-télé. "Notre capacité à entrer dans un cessez-le-feu est liée à l'arrêt des tirs du Hamas sur les citoyens israéliens".

Une quarantaine de roquettes tirées vers Israël

Pas question donc pour l'heure d'un arrêt de l'opération "Plomb durci" à Gaza, qui est entrée jeudi dans son sixième jour et qui pourrait être bientôt suivie d'une offensive terrestre, s'il faut en croire le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien. Opération qualifiée, d'un point de vue militaire, de "grand succès en matière d'objectifs atteints" par Tzipi Livni lors de son passage en France, et qui a fait pour l'heure plus de 400 morts. Parmi eux, Nizar Rayan, mort jeudi avec ses quatre épouses, trois de ses enfants et quatre autres personnes dans un raid sur l'immeuble de cinq étages où il vivait avec sa famille, dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Il s'agit du plus important responsable du Hamas tué depuis le début de l'offensive israélienne. Ténor de l'aile la plus radicale du mouvement islamiste, connu pour ses talents d'orateur, il s'illustrait par ses déclarations au vitriol contre Israël mais aussi contre l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, délogée de Gaza par le Hamas en juin 2007.

Parmi les cibles touchées jeudi figurent encore des ministères à Gaza, un bâtiment du Parlement palestinien, des tunnels de contrebande et, assure Israël, des ateliers de fabrication de roquettes. Selon des témoins, les attaques ont aussi visé des bureaux de change à Gaza-ville dans la nuit et une mosquée dans le sud jeudi matin. Et elles ont fait de nouveaux morts au sein de la population. Parmi les victimes recensées depuis le début de ces raids, un quart sont des civils, dont des femmes et des enfants, selon l'Onu - bien que la ministre israélienne des Affaires étrangères ait assuré jeudi en France qu'Israël "distingue la guerre contre le terrorisme, contre le Hamas, de la population civile".

Mais pendant les raids israéliens, les tirs de roquettes se poursuivent aussi depuis la bande de Gaza. Au cours de ce même jeudi, une quarantaine d'entre elles ont visé le sud d'Israël, atteignent notamment Ashdod et Beersheva. Le Premier ministre Ehud Olmert s'est rendu en cours de journée dans cette dernière localité, assurant : "Nous ne voulons pas d'une guerre longue et nous ne souhaitons pas élargir le front". Le Hamas, qui a démenti être prêt à accepter, sous conditions, les propositions formulées par l'UE en vue d'une trêve, a appelé les Palestiniens de Cisjordanie et Jérusalem-est à une "journée de colère" vendredi, par des manifestations partant de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem et de "toutes les mosquées en Cisjordanie".

D'après agences

le 01 janvier 2009 à 18:43
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