© TF1/LCITout en persistant dans son refus d'un arrêt de l'offensive contre la bande de Gaza, Israël a accepté mercredi l'ouverture d'un couloir humanitaire dans ce territoire palestinien soumis à des bombardements massifs qui ont fait la veille au moins 40 morts dans une école de l'ONU.
C'est le cabinet du Premier ministre Ehud Olmert qui l'a annoncé, ce "afin de prévenir une crise humanitaire dans la bande de Gaza". Le moment exact de l'ouverture du corridor n'a pas été précisé. Mais, mercredi matin, les unités d'infanterie et de blindés israéliens étaient en train d'évacuer le secteur de la ville de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, selon des témoins palestiniens. Par ailleurs, l'armée israélienne a annoncé qu'elle allait cesser dès mercredi ses bombardements à Gaza chaque jour pendant trois heures. Les agences onusiennes et les organisations humanitaires n'avaient de cesse de dénoncer une crise humanitaire "totale" dans la bande de Gaza, un territoire pauvre et surpeuplé où la population est prise au piège alors que l'aide d'urgence est entravée par les combats et les hôpitaux débordés. L'offensive a de fait provoqué de graves pénuries de denrées alimentaires, de carburant, d'eau courante et des coupures d'électricité.
660 Palestiniens tués
Mardi, trois écoles gérées par l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés (Unrwa), où des dizaines de civils s'étaient réfugiés, ont été bombardées. L'attaque la plus meurtrière, à Jabaliya (nord), a tué 43 Palestiniens, selon les services d'urgences palestiniens. L'ONU, dans un communiqué, a fait état de 30 morts et 55 blessés. Cinq autres personnes ont trouvé la mort dans des attaques contre deux écoles de l'ONU à Gaza et Khan Younès (sud), alors qu'au moins 12 membres d'un même clan familial, dont sept enfants, ont péri dans le bombardement de leur maison à Gaza, selon des sources médicales. Concernant Jabaliya, Israël a affirmé que ses forces avaient riposté à des tirs d'obus depuis l'école.
Mercredi, un dernier bilan, fourni par les services d'urgence palestiniens, faisait état de 660 Palestiniens tués et de plus de 2950 blessés depuis le lancement le 27 décembre de l'offensive israélienne. Pour autant, les combats entre activistes palestiniens et soldats israéliens se sont poursuivis tôt mercredi dans le nord du territoire palestinien tandis que le sud était visé par des raids aériens. Un combattant palestinien a été tué à Gaza-ville, dans le quartier de Zeitoun et trois autres blessés, selon les urgences palestiniennes. Côté israélien, quatre Israéliens sont morts lors de tirs de roquettes depuis le 27 décembre. Dans la bande de Gaza, six militaires israéliens ont été tués depuis l'offensive terrestre samedi, dont quatre par des "tirs amis". L'armée affirme avoir tué 130 combattants du Hamas depuis samedi.
34 roquettes tirées
Sur le plan diplomatique, les efforts en vue d'un cessez-le-feu se sont intensifiés (lire notre article). Mais, malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, Israël maintient pour l'heure son refus de cesser les opérations, soutenu par Washington qui réclame un "cessez-le-feu durable", comprenant un arrêt définitif des tirs de roquettes. "Que les actes de terrorisme cessent, que cesse la contrebande d'armes du Sinaï (égyptien) vers Gaza, et les combats israéliens cesseront", a dit Ehud Olmert. Mais au 11e jour de l'offensive mardi, 34 roquettes ont été tirées, selon l'armée, depuis la bande de Gaza sur le sud d'Israël, dont l'une pour la première fois tombée à plus de 45 km au nord-est du territoire palestinien, sur Gedera, blessant un nourrisson.
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