A droite toute ?

Par F.A., le 10 février 2009 à 05h45 , mis à jour le 09 février 2009 à 12h07

Le Likoud de Benjamin Netanyahu devrait remporter les législatives devant le parti centriste au pouvoir Kadima tandis que l'extrême-droite pourrait devenir la 3e formation du pays.

netanyahuBenjamin Netanyahu, en campagne électorale, le 8 février 2009 © TF1/LCI

Au terme d'une courte et terne campagne électorale -elle n'a véritablement commencé qu'après la fin de l'offensive à Gaza le 18 janvier-, les Israéliens renouvellent aujourd'hui leur Parlement lors d'élections anticipées. Le scrutin, normalement prévu en 2010, a été avancé d'un an à la suite de la démission forcée du Premier ministre Ehud Olmert, touché par des accusations de corruption, et de l'échec de Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères et nouveau leader du parti au pouvoir Kadima, à former une nouvelle coalition.
 
Le contexte sécuritaire qui prévaut en ce moment dans le pays avec notamment un soutien massif (près de 90%) de l'opinion publique à l'opération "Plomb durci" contre le Hamas -l'économie n'a quasiment pas eu le droit de citer dans les débats- , devrait entraîner une reconfiguration du paysage politique.

L'extrême-droite en arbitre

Même si les sondages se sont resserrés ces derniers jours, le Likoud, le parti de droite dirigé par l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, partisan de la manière forte face au Hamas, devrait en effet en arriver en tête. Il est crédité de 24 à 28 députés sur les 120 que compte la Knesset. Kadima et Tzipi Livni obtiendraient pour leur part entre 23 et 25 sièges. Une inconnue demeure néanmoins pour arbitrer la bataille entre les deux formations, qui n'en faisaient qu'une jusqu'en 2005 : les indécis. Dimanche, ils étaient encore 20%, soit le plus fort taux de l'histoire du pays. 
 
Conséquence de la radicalisation de l'opinion et du ton dur employé ces dernières semaines, le scrutin devrait être également marqué, outre le retour en force du Likoud, par la percée de l'extrême-droite emmenée par Avigdor Lierberman. Son parti, Israël Beiteinou, ("Israël est notre maison"), qui a mené une campagne virulente contre les Arabes israéliens et prône de nouvelles interventions  contre le Hamas à Gaza, pourrait décrocher près de 20 mandats. Il deviendrait alors la troisième formation politique du pays et serait alors incontournable pour former un gouvernement. Avigdor Lierberman entretient d'ailleurs le flou et n'exclut aucune alliance.

Fin du soutien inconditionnel américain
 
Le Parti travailliste, parti historique de la politique israélienne, devrait faire les frais de cette nouvelle configuration. Dirigé par Ehud Barak, le ministre de la Défense, responsable de "Plomb durci", il pourrait tomber à son plus bas niveau avec à peine 15 députés. Comme d'habitude, le reste de la Knesset devrait être composé des petits partis religieux et d'extrême-droite, sur lesquels les candidats au poste de Premier ministre doivent se reposer pour créer une coalition.
  
Quel qu'il soit, le futur Premier ministre sera confronté à des défis de grande ampleur : tout d'abord, éviter une crise politique interne qui pourrait résulter du rôle de l'extrême-droite. Ensuite, sur le plan extérieur, risque d'une nouvelle confrontation avec le Hamas qui contrôle Gaza, relance des pourparlers de paix avec l'Autorité palestinienne, dossiers syrien et libanais, menace d'un Iran nucléaire. Le tout dans un contexte difficile sur le plan international avec une administration américaine qui mise sur la paix et sera moins encline que la précédente à un soutien inconditionnel d'Israël.

Par F.A. le 10 février 2009 à 05:45
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