L'extrême-droite maître du jeu

Par F.A., le 11 février 2009 à 09h32 , mis à jour le 11 février 2009 à 15h04

Avigdor Lieberman, arrivé en 3e position des législatives, est désormais quasiment incontournable pour la formation du futur gouvernement.

avigdor lieberman israëlAvigdor Lieberman, chef du parti nationaliste israélien "Israel Beiteinou" © TF1/LCI

Shimon Peres, le président israélien, avait convoqué des législatives anticipées -le scrutin était normalement prévu en 2010- après l'échec de Tzipi Livni, leader du parti centriste Kadima au pouvoir, à former une nouvelle coalition après la démission du Premier ministre Ehud Olmert, soupçonné de corruption.

A la lecture du résultat des élections de mardi, il n'est pas sûr que la situation se soit clarifiée, bien au contraire. Contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, Kadima et Tzipi Lvini sont certes arrivés en tête devant le Likoud (ndlr : la formation de droite) de Benjamin Netanyahu, l'ancien Premier ministre. Mais l'écart très faible : Kadima disposera en effet de 28 sièges dans la future Knesset (contre 29 dans le parlement sortant), soit seulement un mandat d'avance sur le Likoud, en nette progression puisqu'il était tombé à 12 députés en 2006.

Les Travailllistes s'écroulent

Mais cela ne suffira sans doute pas à Tzipi Livni pour former une coalition d'au moins 61 députés (la Knesset en compte 120). Benjamin Netanyahu peut en effet compter en théorie sur le soutien d'Israel Beiteinou ("Israël est notre maison"), la formation d'extrême-droite dirigée par Avigdor Lieberman. Avec 15 sièges (+4), Israel Beiteinou devient ainsi le 3e parti du pays et confirme le glissement à droite de la société israélienne. 

Il devance notamment le Parti travailliste du ministre de la Défense et ex-Premier ministre Ehud Barak. Avec seulement 13 mandats (-6), les Travaillistes tombent à leur plus bas niveau historique et ne pourront servir d'appui à Kadima comme dans la coalition sortante. Avec 11 députés (-1), le parti ultra-orthodoxe Shass se maintient à son niveau habituel. Les partis arabes compteront également 11 députés, le reste de la Knesset étant composé de petites formations de gauche ou religieuses.

Livni et Netanyahu revendiquent le poste de Premier ministre

Conclusion : malgré sa pole-position, sans accord avec le Likoud et/ou l'extrême-droite, Tzipi Livni ne peut compter que sur au mieux 55 parlementaires, y compris les députés arabes avec qui elle avait exclu toute coalition lors de la campagne. La ministre des Affaires étrangères a d'ailleurs anticipé son problème en appelant à un gouvernement d'union nationale comprenant le Likoud. "Le peuple a choisi Kadima. Il faut  désormais respecter le choix des électeurs, respecter la décision des urnes, et  rejoindre un gouvernement d'union nationale sous notre direction", affirme-t-elle. A l'opposé, Benjamin Netanyahu, avec les formations religieuses et l'extrême-droite, disposerait d'une majorité d'environ 65 sièges. "Le peuple s'est exprimé clairement, le camp national, dirigé par le Likoud,  enregistre une nette avance", clame-t-il.

Le vainqueur par procuration du scrutin semble donc être Avigdor Lieberman puisqu'il se retrouve dans une position de "faiseur de roi". "Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j'espère que nous y parviendrons", se félicite-il. Il exige déjà du futur gouvernement qu'il "mette à bas le Hamas" et qu'il rejette toute négociation et toute trêve avec le mouvement islamiste. Même s'il affirme qu'il "ne prendra aucune décision" à ce stade, ce discours est interprété par les analystes comme un appui à Benjamin Netanyahu.

42 jours

Le président Shimon Peres commencera la semaine prochaine ses consultations avec tous les partis représentés au Parlement. Il doit ensuite désigner le député, qui a le plus de chances de constituer une majorité. Ce parlementaire -a priori Tzipi Livni ou Benjamin Netanyahu- disposera ensuite d'une période de 28 jours, qui peut être  prolongée de 14 jours, pour mener à bien sa  mission.

Les Palestiniens inquiets


Le négociateur Saëb Erakat, un proche du président Mahmoud Abbas, a dit craindre une "paralysie" du processus de paix. De son côté, le Hamas estime que les Israéliens ont voté pour les dirigeants "les plus belliqueux".

 

 

 

Par F.A. le 11 février 2009 à 09:32
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