George W. Bush "attaqué" par Mountazer al-Zaïdi, journaliste irakien qui lui lance ses chaussures, le 14 décembre 2008 à Bagdad © TF1/LCIPour la première fois depuis le 14 décembre, Mountazer al-Zaïdi a raconté jeudi à son procès -qui a été rapidement ajourné au 12 mars pour savoir si la visite de George W. Bush était "officielle" ou non- les circonstances de son attaque à la chaussure contre le président américain (cliquez ici pour revoir : "Bush attaqué avec des chassures : les images")
Drapeau irakien autour du cou, visage impassible et barbe de quelques jours, le journaliste de la chaîne al-Baghdadiya a expliqué qu'il s'était rendu "sans arrière-pensées" à la conférence de presse conjointe du locataire de la Maison-Blanche et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Mais, alors que la presse attend les deux dirigeants, une première "provocation" l'exaspère. "J'ai été invité normalement à cette conférence de presse. Alors que nous avions été déjà minutieusement fouillés par les Irakiens, la sécurité américaine a fait sortir tous les journalistes irakiens pour les fouiller elle-même de manière humiliante, alors que nous sommes sur notre sol", explique-t-il.
"Envahi par la colère, je ne voyais que lui"
Ce sont ensuite les propos du président américain de l'époque et son sourire "sans âme" qui le mettent hors de ses gonds. "Il parlait des victoires et des réussites américaines en Irak. Mais moi, ce que je vois en matière de réussite, c'est un million de martyrs, le sang versé, les mosquées perquisitionnées, les Irakiennes violées, les Irakiens humiliés", lance le journaliste.
"Avec son sourire glacial, Bush plaisantait avec le Premier ministre sur un dîner après la conférence de presse. J'ai été envahi par la colère, je ne voyais plus que lui. Tout s'est assombri autour de moi. Je sentais que le sang des innocents coulait sous mes pieds pendant qu'il souriait. Alors, j'ai pris ma première chaussure et je l'ai lancée sans l'atteindre, puis j'ai jeté la seconde", poursuit-il. "J'ai voulu rendre leur fierté aux Irakiens, de n'importe quelle manière, sauf par l'usage des armes. J'ai voulu exprimer ce qui était en moi, au nom du peuple irakien, du nord au sud, de l'est à l'ouest", conclut le journaliste.
Torturé ?
Réagissant aux critiques qui lui ont été adressées pour avoir "violé" le légendaire sens de l'hospitalité arabe, Mountazer al-Zaïdi se défend fermement : "Nous, les Arabes, sommes fiers de notre sens de l'hospitalité. Mais Bush et son armée se trouvent en Irak depuis six ans. En plus, à l'époque, la zone verte était contrôlée par les forces de l'occupation. Comment le considérer comme un invité ?", s'interroge-t-il.
Mountazer al-Zaidi a également assuré avoir été "battu et torturé à l'électricité après l'incident par un général qui travaille dans ce tribunal mais dont je tairai le nom pour protéger sa vie".
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