George W. Bush "attaqué" par Mountazer al-Zaïdi, journaliste irakien qui lui lance ses chaussures, le 14 décembre 2008 à Bagdad © TF1/LCILe 14 décembre dernier, en plein milieu d'une conférence de presse de George W. Bush, en visite à Bagdad, et du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, Mountazer al-Zaïdi, un journaliste irakien travaillant pour la chaîne al-Baghdadiya, s'était brusquement levé, avait crié "c'est le baiser de l'adieu, espèce de chien" (ndlr : la pire insulte dans le monde arabe), puis lancé ses chaussures sur le président américain. Ce dernier avait promptement esquivé les projectiles. Des journalistes irakiens avaient rapidement maîtrisé leur collègue jusqu'à l'arrivée des services secrets irakiens et américains (cliquez ici pour revoir : "Bush attaqué avec des chassures : les images")
Pour avoir osé "défier" George W. Bush, Mountazer al-Zaïdi était ensuite devenu un héros dans le monde arabe. Il avait surtout été arrêté et inculpé rapidement. Prévu une première fois le 31 décembre, son procès avait finalement été repoussé. Il s'est ouvert ce jeudi devant la Cour criminelle centrale d'Irak, compétente pour les affaires de terrorisme et située dans la "zone verte", le secteur ultra-protégé de la capitale irakienne. Il a ensuite été ajourné au 12 mars.
"Protester contre l'occupation"
Il est poursuivi pour "agression contre un chef d'Etat étranger". Selon l'article 223 du code pénal irakien, ce geste pourrait lui coûter de 5 à 15 ans de prison si le qualificatif "d'agression caractérisée" est retenu. Mais le tribunal peut estimer qu'il s'agit seulement d'une "tentative d'agression", punie d'un à cinq ans de prison.
Affirmant "qu'il ne faisait que protester contre l'occupation", ses avocats -25 au total !- demande l'annulation de la procédure et sa libération. Leur chef fait remarquer que l'acte de son client ne s'apparente pas à une tentative d'assassinat, "car une chaussure n'est pas un instrument pour tuer. Il voulait juste l'insulter". "L'article 223 concerne les visites officielles en temps normal, or le pays est sous occupation, et le journaliste voulait exprimer son opinion", insiste le conseil.
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