Le tribunal Hariri ouvre enfin ses portes

le 01 mars 2009 à 06h30 , mis à jour le 01 mars 2009 à 14h44

Existant virtuellement depuis juin 2007, le tribunal chargé de juger les auteurs présumés d'attaques terroristes au Liban inaugure ce dimanche ses locaux près de La Haye.

Le logo du tribunal qui contient les lauriers bleus des Nations unies et un cèdre, emblème du LibanLe logo du tribunal qui contient les lauriers bleus des Nations unies et un cèdre, emblème du Liban © LCI

L'ouverture est hautement symbolique. Le tribunal Hariri, de son véritable nom Tribunal spécial pour le Liban, a depuis ce dimanche un lieu physique près de La Haye, dans un bâtiment autrefois utilisé par les services de renseignement néerlandais. "Je vous souhaite la bienvenue à cette cérémonie d'ouverture", a déclaré  Robin Vincent, le greffier du TSL, en dévoilant le logo du tribunal qui contient  les lauriers bleus des Nations unies et un cèdre, emblème du Liban. La cérémonie s'est déroulée en présence notamment du procureur du tribunal, le Canadien Daniel Bellemare, qui a dirigé la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février  2005. Et l'événement a d'ores et déjà été salué par Saad Hariri, fils du dirigeant défunt et l'un des piliers de la majorité parlementaire antisyrienne : il y a vu un fait "historique" qui consacre la volonté des Libanais de se défendre contre la terreur.

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Le tribunal, mis sur pied pour juger les auteurs présumés d'attaques terroristes au Liban - dont l'assassinat de l'ex-Premier ministre - ne disposait jusqu'alors que d'une existence juridique, et ce depuis le 10 juin 2007, conformément à la résolution 1757 du Conseil de sécurité des Nations unies. Certes, la salle d'audience, installée à Leidschendam dans un gymnase où s'entraînaient les agents néerlandais, reste à aménager. Et elle ne devrait pas être utilisable avant novembre. Certes, il faudra sûrement des années encore avant l'ouverture effective d'un premier procès. Personne ne cherche d'ailleurs à cacher l'ampleur du chemin encore à parcourir.

"Ce tribunal pourrait servir de modèle"

En attendant les premières audiences effectives, l'instance s'étoffe et s'organise. Outre son procureur, onze juges, dont quatre Libanais, seront amenés à siéger au Tribunal. Leur identité est tenue secrète pour raisons de sécurité.   Environ 350 personnes travailleront la première année au Tribunal. Son budget s'élève à 51,4 millions dollars en 2009 (44 millions d'euros), dont 49% sont payés par le Liban et 51% par des Etats membres de l'ONU. Il devrait largement suffire, selon Robin Vincent : "Nous avons plus qu'assez d'argent. Les finances de ce tribunal sont extrêmement saines".

Le Tribunal spécial pour le Liban, qui appliquera le code pénal libanais, pourra juger des accusés par défaut, ce qui est "peu habituel" en justice internationale, reconnaît le greffier. Aussi, note Sami Salhab, professeur de droit international à l'Université du Liban, "il existe un risque que certains pays refusent de coopérer, en ne livrant pas les suspects, ou que certains suspects disparaissent. Mais s'il n'y a pas d'obstacles, que ce soit d'individus, d'organisations ou de pays, ce tribunal pourrait servir de modèle".

A partir de ce dimanche, le procureur a soixante jours pour demander aux autorités libanaises le transfert de suspects et de preuves au Tribunal. Des cellules de détention ont d'ores et déjà été louées à l'Etat néerlandais dans la prison de Scheveningen, un quartier balnéaire de La Haye. Elles sont "opérationnelles, avec du personnel, et prêtes à recevoir quiconque on attraperait", assure le greffier du tribunal. Quant à date de la première audience, "cela dépend du succès qu'aura le procureur dans la poursuite de son enquête", estime Robin Vincent. "Seul le procureur sait à quel stade d'avancement se trouve son enquête". Trois des sept personnes détenues dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri ont été libérées mercredi sous caution. Elles étaient soupçonnées notamment d'avoir passé sous silence des informations et induit les enquêteurs en erreur. Quatre généraux, considérés comme les piliers de l'ancien système sécuritaire libanais à l'époque de la tutelle syrienne, restent actuellement en détention.

D'après agence

le 01 mars 2009 à 06:30
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4 Commentaires

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  • FR, le 02/03/2009 à 07h14

    Pourquoi cette enquête avance si lentement? 3 mois après les attaques du 11 Septembre 2001, les forces américaines étaient en Afghanistan.

  • Fekroun, le 01/03/2009 à 21h22

    Et a quand un tribunal penal international pour juger les crime de tsahal à gaza ????

  • Jean-François, le 01/03/2009 à 11h00

    Il faut que les criminels paient leurs crimes ainsi que les commanditaires!!!!

  • Chose bizarre, le 01/03/2009 à 10h52

    Oui, il faut punir et éradiquer tous ces terroristes mais chose bizarre est que l'ONU ouvre un tribunal pour Harirri tout en oubliant que dans la région des grands lacs africains , il y a eu un attentat terroriste qui a couté la vie à deux présidents , les proches et l'équipage, depuis lors quinze ans, mais pas même un geste pour cette fameuse ONU qui cherche à rendre justice à la planète terre!!! Chose bizarre!!

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