Tipi Livni en février 2009 © ReutersLa victoire à l'arraché du parti de Tzipi Livni ne suffira sans doute pas. Kadima devance mercredi d'un siège le Likoud de Benjamin Netanyahu. Selon les résultats finaux, le Kadima (centre-droit) a obtenu 28 sièges (contre 29 dans le parlement sortant), le Likoud (droite) 27 (contre 12), la formation d'extrême-droite Israël Beiteinou 15 (11), le parti travailliste (gauche) 13 (19), le parti ultra-orthodoxe Shass 11 (12). Ce décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats dont le dépouillement ne devrait s'achever que jeudi. Avec le soutien de l'extrême-droite et des formations religieuses, Benjamin Netanyahu apparaît en meilleure position pour former une coalition gouvernementale, sur la base d'une majorité de 65 députés sur 120. Mme Livni ne dispose que du soutien théorique de 55 députés. Ce total comprend en effet les 11 élus des partis arabes avec lesquels Tzipi Livni se refuse à nouer une alliance pour former une coalition.
Les deux candidats ont d'ores et déjà crié victoire. M. Netanyahu s'est dit "convaincu d'être le prochain Premier ministre". "Le peuple s'est exprimé clairement, le camp national, dirigé par le Likoud, enregistre une nette avance", a-t-il déclaré devant ses partisans enthousiastes. "Le peuple a choisi Kadima", a pour sa part proclamé Tzipi Livni. "Il faut désormais respecter le choix des électeurs, respecter la décision des urnes, et rejoindre un gouvernement d'union nationale sous notre direction", a-t-elle ajouté, à l'adresse notamment du Likoud. Avec ce score très serré entre le Likoud et le Kadima, Israël Beiteinou d'Avigdor Lieberman se retrouve dans une position de "faiseur de roi" puisque, sans son appui, aucune coalition n'est concevable. "Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j'espère que nous y parviendrons", s'est-il félicité. Il a exigé du futur gouvernement qu'il "mette à bas le Hamas", qui contrôle la bande de Gaza, et qu'il rejette toute négociation et toute trêve avec ce mouvement islamiste palestinien. Ce discours a été interprété par des analystes comme un appui à Benjamin Netanyahu, bien que M. Lieberman ait déclaré qu'il "ne prendrait aucune décision" à ce stade.
Abbas craint la "paralysie"
De leur côté, les travaillistes d'Ehud Barak, le ministre de la Défense sortant, chutent à 13 mandats, le score le plus bas de l'histoire de cette formation fondatrice de l'Etat d'Israël. Selon la commission centrale, le taux de participation a atteint 65,2% des inscrits, soit un taux supérieur de 1,7 point à celui de 2006, et ce malgré le mauvais temps. Le président Shimon Peres doit commencer la semaine prochaine ses consultations avec tous les partis représentés au parlement. Il doit ensuite désigner le député, qui a le plus de chance de constituer une majorité. Ce parlementaire dispose ensuite d'une période de 28 jours, qui peut être prolongée de 14 jours supplémentaires pour mener à bien cette mission.
Côté palestinien, le négociateur Saëb Erakat, un proche du président Mahmoud Abbas, a dit craindre une "paralysie" du processus de paix, alors que le Hamas a estimé que les Israéliens avaient voté pour les dirigeants "les plus belliqueux". Ce scrutin clôture une campagne sans passion placée sous l'impact de l'offensive dévastatrice et meurtrière d'Israël contre le Hamas à Gaza. Une apathie qui contraste avec l'ampleur des défis du prochain gouvernement : risque d'une nouvelle confrontation avec le Hamas, relance des pourparlers de paix avec l'Autorité palestinienne, dossiers syrien et libanais et menace d'un Iran nucléaire. Le tout dans un contexte international difficile avec une nouvelle administration américaine du président Barack Obama moins encline que la précédente à un soutien inconditionnel à Israël.
D'après agence
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