Un soldat américain assiste à une cérémonie de la police irakienne à Bagdad, décembre 2008 © Reuters/M. Naji142.000 soldats américains sont aujourd'hui présents en Irak - un chiffre qui ne prend bien sûr pas en compte les employés des nombreuses sociétés privées sous-traitantes de l'armée. Conformément à ses promesses, Barack Obama espère faire quitter le pays à la plus grande partie de ces "boys" le plus vite possible. Pendant la campagne, il proposait un délai de 16 mois à compter de son entrée en fonctions.
Finalement, lors d'un discours prononcé vendredi sur la base des Marines de Camp Lejeune, en Caroline du Nord, que le rapatriement s'étalera sur 19 mois, soit jusqu'au 31 août 2010. Les premiers départs auront lieu dès que possible. Il s'agit là d'un compromis avec l'état-major, qui préconisait pour sa part un plan sur 23 mois. Le général Ray Odierno, qui commande les forces américaines en Irak, et le général David Petraeus, qui dirige le Commandement central (Centcom) chargé de coordonner les opérations dans la région, soulignent que l'Irak reste un pays fragile et que les succès remportés depuis un an et demi risquent d'être effacés en cas de retrait trop rapide.
Faire pression sur les dirigeants irakiens
Comme Barack Obama l'avait annoncé pendant sa campagne, ce retrait ne concernera pas l'ensemble du contingent. Selon les besoins, jusqu'à 50.000 soldats resteront en effet en Irak au-delà du 31 août 2010 pour former les forces nationales et mener si nécessaire des opérations limitées, notamment de contre-terrorisme. En vertu d'un accord avec le gouvernement irakien, leur départ total n'interviendra pas avant fin 2011. Ensuite, seuls des conseillers militaires devraient rester sur place, comme c'est souvent le cas pour les pays pour lesquels Washington joue les "protecteurs".
L'idée est aussi de faire pression sur les dirigeants irakiens : "Le retrait de notre armée doit envoyer un signal clair indiquant à l'Irak que son avenir est à présent entre ses mains", a souligné vendredi Barack Obama qui a appelé le Premier ministre Nouri al-Maliki depuis l'avion qui l'emmenait en Caroline du Nord. A Bagdad, ce dernier a dit sa confiance "en nos forces armées et nos services de sécurité pour protéger le pays et consolider la sécurité et la stabilité, et nous n'avons pas de craintes pour l'Irak si les troupes américaines se retirent". Le président américain a promis pour sa part un "effort politique, diplomatique et civil considérable" pour aider l'Irak. Le dialogue offert à nouveau à l'Iran et à la Syrie, voisins de l'Irak et bêtes noires des Etats-Unis, participe de cet effort, a souligné Barack Obama, qui a aussi annoncé la nomination d'un diplomate éprouvé, Christopher Hill, comme ambassadeur à Bagdad.
Selon des responsables, les élections parlementaires de décembre en Irak seront un tournant et le désengagement devrait ensuite s'accélérer. Cependant, a noté l'un d'eux, Barack Obama se réserve la possibilité de revenir sur ses plans en fonction de la situation.
D'après agences
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