© AFP/J. NackstrandLa tempête va souffler sur Israël ce mardi, mais ce sont les météorologistes qui parlent. Les politologues, eux, sont bien en peine de savoir dans quel sens le vent va pousser. Les derniers sondages autorisés publiés vendredi donnaient encore le Likoud, parti de droite de Benjamin Netanyahu, en tête, mais l'écart se réduisait à quelques sièges avec Kadima, le parti centriste de Tzipi Livni.
Et les chiffres confirmaient toujours le virage à droite de l'opinion et la percée de l'ultra- nationaliste Avigdor Lieberman, devenu "l'étoile montante" de ces élections. Son parti, Israel Beteinou ("Israël est notre maison"), pourrait devenir la troisième formation à la Knesset, devançant le Parti travailliste, qui connaît une baisse historique.
Pas de débats profonds
Cependant, ces sondages apparaissent fragiles dans la mesure où de très nombreux électeurs affirmaient à 24 heures du scrutin n'avoir pas encore décidé de leur vote définitif. Jamais élection israélienne n'aura donc été aussi indécise. Cela signifie-t-il que des débats profonds agitent l'électorat ? Que l'électeur pèse encore tel ou telle plateforme électorale ? Même pas ! La campagne électorale a été terne et s'est plutôt réduite dans les journaux au calcul des différentes combinaisons parlementaires possibles.
Le "bloc de droite" serait certes majoritaire selon les sondages, avec entre 62 et 66 sièges sur 120, mais tous les partis de droite et religieux ne sont pas unis. Le Kadima de Tzipi Livni pourrait être à l'arraché le premier parti de l'Assemblée, mais il ne pourra réunir une majorité de gauche. Tels sont quelques paramètres prévisibles. Le reste concerne des questions qui font le bonheur des éditorialistes. Bibi Netanyahu réunira-t-il la droite et l'extrême droite ? Préfèrerait-il un gouvernement d'union sacrée avec même Kadima ou les Travaillistes ? Quel ministère emportera Lieberman ? Un scénario de "rotation" -où deux Premiers ministres se partageraient les 4 ans de gouvernement- est-il possible ?
Consensus national effrité
Dans Jérusalem ou Tel Aviv, les murs, les autobus ont bien été couverts d'affiches électorales, de portraits des grands leaders. Mais à la différence de précédentes élections, les militants étaient rares aux carrefours. Pas de tracts au marché, pas de scandales ou de débats forts à la télévision. La campagne a en fait été écourtée par la guerre de Gaza. Le consensus national s'est effrité.
Et après les résultats, le pays va encore vivre une période de flou plusieurs semaines : dans le système politique israélien, le candidat favori au poste de Premier Ministre aura plusieurs semaines pour former une coalition et un nouveau gouvernement.
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