Benjamin Netanyahu à la Knesset, se félicitant de l'investiture de son gouvernement (31 mars 2009) © TF1/LCILe nouveau gouvernement israélien, dirigé par le chef de la droite Benjamin Netanyahu, a obtenu mardi l'investiture du Parlement à une large majorité des voix. Soixante-neuf députés de la Knesset sur cent vingt ont voté pour ce cabinet issu des législatives du 10 février et quarante-cinq contre, le reste ne participant pas au scrutin. Aussitôt après le vote, les ministres, chef du gouvernement en tête, ont procédé à la prestation de serment.
Ce gouvernement de coalition, qui compte trente ministres dont Benjamin Netanyahu, le chef du parti Likoud, est le plus pléthorique dans l'histoire d'Israël. Il s'appuie sur une assise parlementaire d'au moins 69 députés. Fortement dominé par les partis de droite et l'extrême droite, ce cabinet suscite l'inquiétude pour la poursuite du processus de paix avec les Palestiniens, Benjamin Netanyahu étant opposé à un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza, dont la création est soutenue par les Etats-Unis et l'Europe. Le gouvernement comprend notamment, au poste clé des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beiteinou, qui s'est illustré par des déclarations anti-arabes et des critiques acerbes contre le président égyptien Hosni Moubarak.
Avis aux Palestiniens
Dans son discours d'investiture, Benjamin Netanyahu, qui fut déjà Premier ministre entre 1996 et 1999, s'est dit prêt à négocier la paix avec les Palestiniens, mais s'est abstenu de toute référence à un Etat palestinien indépendant qui ne figure pas dans le programme de son cabinet. "Je le dis aux dirigeants de l'Autorité palestinienne : si vous voulez vraiment la paix, il est possible d'arriver à la paix. Le gouvernement sous ma direction agira pour arriver à la paix sur trois volets: économique, sécuritaire et politique", a déclaré le Premier ministre. Dans le cadre d'un "accord définitif", a-t-il poursuivi, les Palestiniens "disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l'existence de l'Etat d'Israël".
"Ces déclarations constituent un début qui n'est pas encourageant de la part de ce gouvernement", a réagi Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. "L'administration américaine doit faire pression sur le gouvernement de Netanyahu pour qu'il s'en tienne aux fondements du processus de paix, à savoir la paix contre la terre. Cela signifie la restitution de tous les territoires palestiniens occupés en 1967 y compris Jérusalem-est", a-t-il ajouté.
"Un gouvernement de baudruches"
Benjamin Netanyahu s'en est aussi pris avec véhémence à l'Iran, mettant en garde contre la possibilité pour ce "régime radical" de se doter de l'arme atomique. "Le peuple juif a tiré les leçons (de la Shoah), il ne peut pas baisser la tête devant des dictateurs qui menacent de le détruire. Contrairement à ce qui s'est passé au siècle dernier, nous avons aujourd'hui les moyens de nous défendre. Nous savons comment nous défendre", a-t-il ajouté.
La chef du parti Kadima (centre-droit), devenue la dirigeante de l'opposition, Tzipi Livni, a dénoncé dans son allocution à la Knesset ce "gouvernement de baudruches avec des ministres et des vice-ministres chargés de rien du tout, mais qui se sont vu octroyer des titres ridicules".
D'après agence
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