Benjamin Netanyahu, en campagne électorale, le 8 février 2009 © TF1/LCICe ne devrait être qu'une formalité. Benjamin Netanyahu, le chef de la droite israélienne victorieuse aux élections législatives du 10 février, présente mardi son gouvernement au Parlement. Le débat à la Knesset doit commencer en fin d'après-midi par un discours du futur Premier ministre, suivi des interventions des représentants des différents partis, avant le vote et la prestation de serment dans la soirée. Disposant de l'appui de quelque 70 députés sur 120, le leader du parti Likoud est assuré d'obtenir la majorité requise pour former le 32e gouvernement de l'histoire d'Israël.
Benjamin Netanyahu, qui a déjà occupé ce poste entre 1996 et 1999, a élargi sa coalition fortement marquée à droite en obtenant le ralliement du parti travailliste (gauche, 13 députés). Outre le Likoud (27 sièges), elle comprendra aussi Israël Beiteinou (extrême droite nationaliste, 15 députés), le Shass (orthodoxe sépharade, 11), le Foyer Juif (colons, 3).
"Deux Etats pour deux peuples"
Le gouvernement devrait compter une trentaine de ministres et une demi-douzaine de vice-ministres. Le ministère des Affaires étrangères a été promis à Avigdor Lieberman, chef d'Israël Beiteinou, la Défense au ministre sortant et N.1 travailliste, Ehud Barak, et l'Intérieur au chef du Shass, Eli Yishaï. Avant le vote, Benjamin Netanyahu menait mardi d'ultimes tractations, a indiqué la radio publique israélienne, en vue de rallier à sa coalition le Parti du Judaïsme Unifié de la Torah. Parallèlement, le chef du Likoud tente toujours de convaincre Sylvan Shalom, un haut dignitaire de son parti, d'accepter un poste ministre du Développement régional ainsi qu'un titre de Premier ministre adjoint. L'intéressé a pour le moment décliné cette offre, suscitant ainsi une certaine grogne au sein de sa formation.
Le futur Premier ministre pressenti s'efforce également de rassurer l'opinion internationale, qui craint que son gouvernement ne donne le coup de grâce à un processus de paix déjà mal en point. Il affirme vouloir mener avec l'Autorité palestinienne du président Abbas des négociations en vue d'une "paix économique", mais récuse la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël et le gel de la colonisation juive en Cisjordanie. Lors d'un débat parlementaire lundi, le Premier ministre sortant Ehud Olmert a appelé son successeur à accepter le principe de "deux Etats pour deux peuples", et la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël. L'Union européenne a pressé vendredi Benjamin Netanyahu d'accepter cette idée, faute de quoi l'UE a menacé d'en "tirer les conséquences". Barack Obama a lui aussi estimé que le statu quo dans le conflit israélo-palestinien était "intenable", jugeant "crucial" que l'on progresse "vers une solution à deux Etats".
D'après agence
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