Nicolas SarkozyLa conférence de Charm el Cheikh pour la reconstruction de Gaza a débuté lundi matin par trois discours solennels, ceux de Nicolas Sarkozy, Mahmoud Abbas et Hillary Clinton. Le chef de l'Etat français, qui copréside avec son homologue égyptien Hosni Moubarak, a lancé un appel aux Palestiniens : "La réconciliation interpalestinienne est l'une des clés de la paix, une des conditions de la création d'un Etat palestinien. Le monde veut aider les Palestiniens mais les Palestiniens doivent s'aider eux-mêmes en se réconciliant. Tous les Palestiniens doivent se rassembler dans ce gouvernement d'union derrière la président Abbas", a-t-il déclaré.
Un message destiné tout particulièrement au Hamas, qui contrôle Gaza. "Je dis aux pays qui ont des liens avec le Hamas : vous avez une responsabilité particulière pour exiger du Hamas qu'il rejoigne le président Abbas dont la démarche de paix est la seule qui produira des résultats. Si le Hamas veut être respecté, il doit avoir une position respectable. La position respectable, c'est de considérer qu'il n'y a pas d'autre solution qu'une solution politique avec Israël", a-t-il souligné. Une douzaine de factions, dont les "frères ennemis" du Fatah et du Hamas, ont mis en chantier jeudi un plan de réconciliation sur les points de nature à les rassembler, après 18 mois de rupture entre Gaza et la Cisjordanie.
Un plan de 2,8 milliards de dollars
Un mois et demi après l'offensive israélienne à Gaza, Nicolas Sarkozy a ensuite demandé la réouverture permanente des points de passage entre Israël et Gaza, pour acheminer l'aide aux populations meurtries par 22 jours de combats en janvier. L'Etat hébreu autorise le passage de l'aide humanitaire mais a exclu la réouverture complète des points de passage tant que le Hamas n'aura pas libéré le soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en 2006. "Le point commun de tous ceux qui sont ceux qui sont ici c'est que nous voulons la paix, nous voulons une paix durable", a déclaré le chef de l'Etat qui a avancé l'idée d'un sommet de relance de la paix au Moyen-Orient "dès ce printemps en Europe".
Le président français a également relancé son idée de conférence de paix, évoquée lors de sa précédente visite à Charm el-Cheikh avec plusieurs dirigeants européens le 18 janvier. "Je souhaite la tenue dès ce printemps, en Europe, d'un sommet de relance de la paix dans ses trois volets. Il faut encourager les parties à fixer un calendrier aboutissant avant la fin de cette année, à la signature d'un accord et à la création d'un Etat palestinien viable, démocratique, moderne, vivant en paix aux côtés d'Israël". Les "trois volets" évoqués renvoient aux dossiers israélo-palestinien, israélo-syrien et israélo-libanais. "Tout ceci n'est qu'une affaire de volonté. Si on attend de se réunir pour faire la paix que les conditions soient réunies, on va attendre longtemps (...) faisons de l'année 2009 l'année de la paix", a lancé Nicolas Sarkozy.
L'aide américaine et ses conditions
Deuxième discours clé de la matinée : celui du président palestinien Mahmoud Abbas, qui a estimé lundi devant les donateurs internationaux que leur soutien à l'économie palestinienne resterait "insuffisant" sans un règlement politique du conflit avec Israël. Prenant ensuite la parole, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton a axé son discours sur l'aide américaine à la bande de Gaza et ses conditions. Elle a précisé avoir obtenu du président palestinien des garanties que l'argent américain n'irait pas au Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et que les Etats-Unis considèrent comme terroriste. Mais elle a ensuite expliquée que cette aide ne saurait être dissociée du processus de paix israélo-palestinien.
Les Etats-Unis ont annoncé une contribution totale de 900 millions de dollars aux Palestiniens lors de cette conférence, mais 300 millions seulement iront directement à la bande de Gaza, le reste étant destiné à l'Autorité palestinienne. "En accordant une aide humanitaire à Gaza, nous cherchons aussi à promouvoir les conditions dans lesquelles un Etat palestinien pourra aboutir", a expliqué Hillary Clinton. Les donateurs devraient promettre en tout au moins 2,8 milliards de dollars pour financer le plan de reconstruction et de soutien économique préparé par l'Autorité palestinienne. Parmi ces dons, l'Union européenne a indiqué qu'elle s'engagerait à verser 554 millions de dollars en 2009. De leur côté, les monarchies du Golfe emmenées par l'Arabie saoudite ont promis le versement de 1,65 milliard de dollars.
D'après agence
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