Barack Obama recevant Mahmoud Abbas à la Maison Blanche (28 mai 2009) © TF1/LCISon prédécesseur, George W. Bush, s'était donné jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2009 pour voir un accord entre Israéliens et Palestiniens, lorsqu'il avait présidé à un effort de relance du processus de paix fin 2007. Barack Obama préfère avancer à pas comptés. "Je vais voir des progrès et nous allons travailler énergiquement pour y parvenir", a-t-il affirmé jeudi en recevant Mahmoud Abbas. "Je suis confiant sur le fait que nous pouvons faire avancer ce processus si les parties sont prêtes à honorer leurs engagements".
Confiance affichée, mais prudente, de même que les déclarations du président américain au leader palestinien. Certes, Barack Obama a fait pression sur Israël pour la création d'un Etat palestinien et la fin de la colonisation - deux questions qui représentent un sérieux différend entre les gouvernements américain et israélien : Benjamin Netanyahu refuse en effet d'accepter un règlement à deux Etats, au coeur des efforts de paix de la communauté internationale depuis des années et oppose une fin de non-recevoir à un arrêt total de la colonisation.
Abbas remet un "plan palestinien" à Obama
Mais l'actuel locataire de la Maison Blanche a reconnu les réalités politiques auxquelles fait face le gouvernement israélien pour refuser de fixer des échéances : "Je pense que nous n'avons pas un moment à perdre" dans l'effort de résolution du conflit, "mais je ne prends pas non plus mes décisions en me fondant simplement sur des discussions que nous avons eues la semaine passée, parce que, de toute évidence, M. Netanyahu doit régler ces questions au sein de son propre gouvernement, de sa propre coalition", a souligné Barack Obama. Mahmoud Abbas, qu'il recevait pour la première fois à la Maison Blanche, venait pourtant d'affirmer l'urgence de progrès pour résoudre le conflit israélo-palestinien, en déclarant que "le temps est un facteur essentiel". Barack Obama, lui, a rappelé que les deux parties, israélienne et palestinienne, avaient des obligations à honorer.
Mahmoud Abbas a toutefois profité de cette première rencontre au siège de la présidence américaine pour remettre à Barack Obama un document contenant des idées pour la relance du processus de paix israélo-palestinien. "Ce document ne sort pas du cadre de la Feuille de route et de l'Initiative de paix arabe. Il contient des idées pour la mise en place de mécanismes d'application de ces deux plans", a déclaré le leader palestinien peu avant de quitter Washington. "Le président Obama a promis d'étudier ce document", a pour sa part affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.
L'initiative arabe de paix, lancée par l'Arabie Saoudite en 2002, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et la création d'un Etat palestinien. Israël l'a rejetée dans sa forme actuelle, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens. Quant à la Feuille de route, elle a été élaborée par le Quartette international - Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU - et lancée en 2003. Elle prévoit la création d'un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël mais elle est restée lettre morte depuis son lancement.
D'après agence
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