Un partisan de Mirhossein Moussavi face à un policier à Téhéran, le 13 juin 2009 © REUTERSSon succès est aussi large que contesté. Avec 62,63% des voix, le président sortant Mahmoud Ahmadinejad a été réélu à la tête de l'Iran à l'issue du scrutin présidentiel de vendredi, et ce, dès le premier tour. Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, qui avait clamé sa victoire à la clôture du scrutin, obtient lui 33,75% des suffrages. Malgré une participation "record" de 85%, cinq points de plus que lors de l'élection triomphale du réformiste Mohammad Khatami en 1997.
Malgré la répression, l'opposition iranienne conteste encore Ahmadinejad
Les opposants au président iranien ont profité de la "Journée des étudiants" pour demander une nouvelle fois sa démission ce lundi. Comme prévu ou presque, la police a utilisé la force pour les disperser.
Publié le 07/12/2009
Les opposants iraniens braveront-ils les menaces ?
Des appels à descendre dans les rues ont été lancés par l'opposition réformatrice à l'occasion d'une manifestation officielle, la journée nationale de l'étudiant. La présence policière a été renforcée.
Publié le 07/12/2009
Mahmoud Ahmadinejad a parlé samedi d'une "grande victoire". Selon lui, l'élection présidentielle s'est déroulée de façon "libre et saine". "Le peuple iranien a inspiré de l'espoir aux nations et déçu ceux qui lui souhaitent du mal", a-t-il dit dans une adresse télévisée à la nation. "Nous empruntons une nouvelle voie aujourd'hui, qui, bien qu'allant dans le même sens que la précédente, s'effectue à un niveau et avec une perspective plus élevés", a ajouté Mahmoud Ahmadinejad, qualifiant également sa victoire "d'énorme épopée". "La différence entre le nombre de votes obtenus par Ahmadinejad et ceux recueillis par ses rivaux est telle que tout doute sur sa victoire sera interprété comme une forme d'humour par l'opinion publique", avait déclaré auparavant son directeur de campagne.
Des "irrégularités visibles et nombreuses"
Mais dans le camp du candidat soutenu par les réformistes, Mir Hossein Moussavi, on ne l'entend pas comme ça. Samedi, l'ancien Premier ministre a protesté "vigoureusement contre les irrégularités visibles et nombreuses" du scrutin. Il a expliqué qu'il était de son "devoir religieux et national de révéler les secrets de ce processus dangereux et d'expliquer ses conséquences destructrices sur le destin du pays. Les gens sont conscients et ne se plieront pas face à ceux qui arrivent au pouvoir en trichant". Dans le même temps, milliers de jeunes sont descendus dans la rue, affrontant violemment les forces de l'ordre pour contester les résultats du scrutin. Dans certains quartiers de Téhéran, les affrontements avec la police se sont même transformés en véritables scènes d'émeutes. Des violences jamais vues depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999.
Samedi soir, Mir Hossein Moussavi a appelé ses partisans à rester calmes et à ne pas recourir à la violence. "Les irrégularités dans le scrutin présidentiel sont très graves et vous avez raison de vous sentir lésés", a-t-il déclaré à ses partisans. "Dans le même temps, je vous demande fermement de n'agresser aucun individu et groupe, de ne pas perdre votre sang-froid et de vous abstenir de toute action violente", a-t-il affirmé. De son côté, l'association de l'ancien président réformateur Mohammad Khatami a appelé samedi à l'annulation de l'élection présidentielle, parlant d'"un trucage massif des voix".
Sur le plan international, la Maison Blanche a indiqué dans un communiqué qu'elle suivait "de près l'ensemble de la situation, y compris les informations faisant état d'irrégularités". La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a dit espérer que les résultats de l'élection iranienne reflètaient la volonté du peuple. La France elle "prend note" de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad mais aussi de la "contestation" des résulats. "Nous continuons à suivre la situation de près", a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier. Quant à la présidence tchèque de l'Union européenne, elle s'est dite "préoccupée" par les "irrégularités présumées" ainsi que par les "violences" qui ont suivi.
Le premier réseau de téléphones portables coupé |
Le premier réseau de téléphonie mobile, qui est contrôlé par l'Etat, a été coupé à Téhéran. Conséquence, depuis samedi soir, il n'y a plus de réseau portable et les téléphones ne fonctionnent plus alors que les manifestations se poursuivent dans la capitale iranienne. Le réseau de SMS, qui servait de moyen de communication pour les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi, avait été coupé dès vendredi matin, jour du scrutin. Par ailleurs, les réseaux Youtube et Facebook ainsi que plusieurs sites internet réformateurs iraniens, notamment Jomhouriat, Norouz, Emrouz, Entekab, Shahbnews et Aftabnews ont été filtrés par les autorités depuis vendredi après-midi et les internautes n'y ont plus accès. |
D'après agence
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