Une manifestante pro-Moussavi face à un partisan de Mahmoud Ahmadinejad, à Téhéran, le 15 juin 2009 © ReutersLundi, après un week-end ponctué par de violents heurts entre forces de l'ordre et membres de l'opposition en raison des résultats de l'élection présidentielle, le ministère iranien de l'Intérieur a décrété illégale la manifestation que les partisans du candidat modéré battu, Mirhossein Moussavi, avaient prévu d'organiser dans la journée à Téhéran. "Certains éléments séditieux ont prévu d'organiser un rassemblement et ils affirment avoir l'autorisation du ministère de l'Intérieur, ce qui est une invention. Toute infraction à la sécurité publique se verra opposer une réponse conformément à la loi", a ainsi déclaré la radio d'Etat.
Pour ne pas jeter d'huile sur le feu, le camp Moussavi a préféré annuler, ou du moins reporter, officiellement le défilé en appelant "au calme". Mais, sachant que ses partisans maintiendraient néanmoins le rassemblement, Mirhossein Moussavi a fait savoir qu'il serait présent au départ pour leur demander de respecter le mot d'ordre de retour au calme.
De son côté, Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, qui a soutenu implicitement Mahmoud Ahmadinejad pendant la campagne, demande à Mirhossein Moussavi de "poursuivre la contestation par la voie légale" -les recours légaux sont très faibles et n'ont quasiment aucune chance d'aboutir.
Parution suspendue
Autre information qui tend à prouver le raidissement des autorités, le journal de Moussavi, Kalameh Sabz, a été suspendu, a rapporté lundi l'autre quotidien réformateur Sarmayeh. De fait, Kalameh Sabz était introuvable en kiosque lundi matin, et Sarmayeh, n'a pu en annoncer la nouvelle que par un titre en une. Le journal renvoie bien pour plus d'information à une de ses pages intérieures mais la rubrique consacrée à cette nouvelle a été censurée. Enfin, un autre indice du durcissement de la situation : le gouvernement iranien a sommé une équipe de journalistes de la télévision publique espagnole (TVE) de quitter le pays après sa couverture des manifestations de protestation contre la réelection de Mahmoud Ahmadinejad.
L'ambassadeur d'Iran en France, Seyed Mehdi Miraboutalebi, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour apporter "des explications au sujet des événements en Iran" et répondre "aux doutes exprimés sur la régularité du scrutin" présidentiel, a annoncé lundi le ministère. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont de leur côté demandé lundi à l'Iran d'enquêter sur la conduite de l'élection présidentielle et déploré "l'utilisation de la violence contre les manifestants pacifiques".
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