La police anti-émeutes iranienne a affronté samedi des milliers de manifestants de l'oppposition qui tentaient d'atteindre la place Enqelab de Téhéran. © eTF1Difficile de savoir ce qu'il se passe réellement en Iran. Depuis cinq jours, les médias occidentaux ont interdiction de couvrir les manifestations de protestation dans les rues de Téhéran à la suite de la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. Dernière annonce en date, l'ordre adressé au correspondant permanent de la BBC en Iran, Jon Leyne, de quitter le pays sous 24 heures pour avoir "soutenu" les émeutiers. Les autorités iraniennes menacent même de prendre d'autres mesures contre les médias britanniques s'ils continuent de s'ingérer dans ses affaires intérieures.
Quand Obama parle d'internet aux Iraniens
A l'occasion du Nouvel An iranien, le président américain a adressé un message aux habitants du pays. Il y accuse les autorités iraniennes d'avoir choisi l'isolement... et promet un internet libre.
Publié le 20/03/2010
Neda Soltani, la fausse "Ange de la mort" iranienne et Facebook
Victime d'une méprise sur le site de socialisation, Neda Soltani, une jeune Iranienne, a été confondue avec Neda Agha-Soltan, tuée le 20 juin lors d'une manifestation à Téhéran. Depuis, sa vie est un enfer.
Publié le 04/03/2010
Conséquence de cette censure, rares sont les informations qui sortent du pays. Seuls des témoignages d'habitants permettent aux médias de savoir ce qu'il s'y passe, mais de façon parcellaire. Par téléphone, via des blogs, via Twitter, les journalistes savent qu'à tel endroit la police frappe des manifestants, qu'à tel autre une femme est morte après avoir reçu une balle tirée par la police. Outre les témoignages, des vidéos sont postées sur Internet par des anonymes, seules preuves du chaos dans lequel semble plongé Téhéran.
Un rôle pour YouTube ?
Pour autant, difficile de vérifier l'authenticité de ces vidéos, de recouper l'information comme se doivent de faire les journalistes. Difficile également de contextualiser ces images, de mesurer à quel point ces scènes de violences reflètent ou non le climat général qui prévaut dans la capitale iranienne. D'où l'idée lancée par Jeff Jarvis, analyste média aux Etats-Unis. Il demande à YouTube, sans doute la plateforme la plus utilisée par les Iraniens pour envoyer leurs vidéos-témoignages, de faire ce travail de vérification. "Seul YouTube peut savoir si une vidéo vient bien d'Iran et si elle a été dupliquée ou pas. YouTube a une responsabilité dans l'écosystème médiatique", écrit-il sur son blog.
Pour l'heure, faute d'avoir leurs propres images, les médias occidentaux n'hésitent pas à diffuser ces images filmées par des amateurs. Pour que le monde sache malgré tout ce qu'il se passe à Téhéran.
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