L'avertissement d'un ayatollah à Ahmadinejad

Par L.D. (Avec agence), le 25 juin 2009 à 11h16 , mis à jour le 25 juin 2009 à 14h44

Le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a mis jeudi en garde le pouvoir iranien contre la répression des protestations après la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Les forces de l'ordre déployées dans Téhéran, le 20 juin 2009Les forces de l'ordre déployées dans Téhéran, le 20 juin 2009 © DR

Le régime iranien qui poursuit coûte que coûte son entreprise de répression contre le mouvement anti-Ahmadinejad, qui a fait jusqu'ici 17 morts, aurait-il trouvé un nouvel adversaire interne ? Le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a mis jeudi en garde le pouvoir iranien contre la répression des protestations après la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad.

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Les propos de l'ayatollah sont éloquents : "Si le peuple iranien ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et est réprimé, la montée de la frustration pourrait éventuellement détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il", avertit Montazeri. Hossein Ali Montazeri, dont le rang est le plus élevé dans le clergé chiite iranien, a par ailleurs appelé jeudi "la grande et chère nation iranienne à poursuivre sa demande juste et logique" de révision des résultats du scrutin qu'il déclaré la semaine dernière ne pas pouvoir accepter. Montazeri, dont les avis religieux sont suivis par un grand nombre de fidèles, a en effet exprimé sa défiance envers le Conseil en demandant l'établissement d'"une commission impartiale ayant toute autorité pour trouver une issue acceptable à l'élection".

Ahmadinejad répond à Obama

La légalité du scrutin semble d'ailleurs faire de moins en moins l'unanimité chez les conservateurs. Mercredi le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf, un ancien général des Gardiens de la révolution, a apporté un soutien implicite aux manifestants en remarquant que "une partie de la population se pose des questions sur l'élection et cela doit être pris en compte et ne peut être résolu par la force". Au niveau international, le régime iranien continue de faire front. Alors que la répression est critiquée de manière très virulente à l'étranger, le président Ahmadinejad a demandé jeudi à son homologue américain Barack Obama de cesser de "s'ingérer" dans les affaires de l'Iran.
 
Du côté de l'opposition, la détermination semble s'émousser : sous la pression des autorités, le candidat réformateur à la présidentielle Mehdi Karroubi qui accuse le gouvernement de fraude dans le scrutin du 12 juin, a renoncé à organiser une cérémonie de deuil en mémoire des victimes de la répression. Mir Hossein Moussavi, chef du mouvement de contestation de la réélection du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré pour sa part qu'il était "sous pression" pour retirer sa demande d'annulation de la présidentielle du 12 juin. Toutefois, il appelé jeudi ses partisans à poursuivre les manifestations et dénoncée "une fraude majeure" de la part des autorités.

Examen des plaintes jusqu'à lundi

Des manifestations sporadiques spontanées ne peuvent pour autant être exclues, notamment de partisans de Mir Hossein Moussavi, le principal rival de M. Ahmadinejad, et d'autres opposants à sa réélection. Ce, même si la contestation a été durement réprimée ces derniers jours et si les manifestations de l'opposition qui avaient rassemblé jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes la semaine dernière ont considérablement perdu de leur ampleur.

Le Conseil des gardiens, chargé de valider ces résultats, s'est donné jusqu'à lundi pour examiner les plaintes de MM. Karroubi et Moussavi sur la régularité du scrutin. Mais il a clairement indiqué que cet examen ne remettrait pas en cause le résultat final.
 

Par L.D. (Avec agence) le 25 juin 2009 à 11:16
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4 Commentaires

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  • Mohamed, le 25/06/2009 à 13h30

    Renoncer à organiser une cérémonie de deuil en mémoire des victimes de la répression, c'est un peu comme retourner ça veste lâchement.

  • JGH, le 25/06/2009 à 12h55

    Les manifestations aboutirons tôt ou tard à un revensement de ce système dictatorial. Dés à présent certains dignitaires tentent de retourner leur veste pour, un jour, pouvoir " sauver leur peau " et obtenir la clémence des futurs dirigeants. qui prendront la relève

  • Solo, le 25/06/2009 à 12h21

    L'avertissement de Montazeri, ne vaut rien,Puisqu'il Fait partie ((des réformateurs)), il Parle Pour rien dire .. Merci de me Publier

  • Michel, le 25/06/2009 à 11h43

    Avec le temps les esprits se fatiguent, si personne ne reprend le bâton, ce sera gagné pour le pouvoir en place. Piège.

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