Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution, le 19 juin 2009 à Téhéran © Reuters"A l'évidence, le régime tente de maintenir sa position par une répression très dure. Mais il ne peut dissimuler le fait qu'il s'agit d'un régime affaibli. Il a perdu sa légitimité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur". A quelques jours de l'arrivée de son pays à la tête de l'UE, dont il prend la présidence tournante mercredi, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a condamné dimanche la chape de plomb qui s'est abattue en Iran sur les manifestations post-électorales.
Les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept, réunis sur l'île grecque de Corfou, ont exigé la libération immédiate de plusieurs employés iraniens de l'ambassade du Royaume-Uni à Téhéran et d'un journaliste grec, arrêtés par les autorités pour leur prétendue implication dans les violences qui ont suivi le scrutin très contesté au terme duquel Mahmoud Ahmadinejad a été déclaré vainqueur. Et alors que les autorités iraniennes ont imputé les manifestations, sans précédent depuis la révolution islamique de 1979, à une ingérence de puissances étrangères, en particulier du Royaume-Uni et des Etats-Unis, les représentants de l'UE ont agité la menace de rétorsions.
Peut-on durcir les sanctions contre l'Iran ?
"L'UE exhorte l'Iran et ses autorités à cesser les hostilités contre des Etats membres de l'UE ainsi que contre des pays partenaires de l'UE et contre leurs ressortissants", a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kohout, dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE. "Nous avons fait savoir aux autorités iraniennes que le harcèlement ou l'intimidation du personnel étranger et iranien travaillant dans les ambassades de l'UE s'attirerait une réponse ferme et collective de l'UE", a poursuivi le ministre tchèque en lisant un communiqué commun. Si Carl Bildt a déclaré qu'il était trop tôt pour dire en quoi pourrait se traduire une "réponse ferme et collective" parce que la situation en Iran reste très fluctuante, il a assuré que l'UE suivrait de près la situation.
Vendredi déjà, le G8 avait déploré les violences liées à la répression des manifestations en Iran, tout en laissant ouverte la perspective de discussions sur le programme nucléaire iranien. Aujourd'hui encore, malgré les déclarations des chefs de la diplomatie des pays de l'UE, des analystes estiment que l'Europe ne durcira pas les sanctions contre l'Iran car les ministres ne souhaitent pas fermer la porte au dialogue ou risquer de renforcer les accusations d'ultras iraniens. Et en ce qui concerne plus précisément le personnel diplomatique occidental visé par des vexations à Téhéran, la situation semble se détendre : le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, a déclaré que quatre des neuf employés iraniens de l'ambassade du Royaume-Uni à Téhéran avaient été relâchés et que Londres attendait l'annonce de la libération des autres.
D'après agence
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