Mahmoud Ahmadinejad, président iranien © LCI/CBS/DRLa police iranienne s'est déployée en force dans les rues de Téhéran lundi soir, alors que le Conseil des gardiens a validé la réélection de Mahmoud Ahmadinejad sur la foi d'un recomptage partiel des urnes rejeté d'avance par les candidats contestataires. La Commission spéciale chargée de recompter 10% des votes de l'élection présidentielle contestée du 12 juin a en effet tranché en faveur de Mahmoud Ahmadinejad. Selon la télévision publique, ce nouveau décompte n'a rien changé aux résultats électoraux.
Mirhossein Moussavi, candidat malheureux de l'opposition, qui avait rejeté par avance l'offre de recomptage partiel en affirmant que le vote avait été truqué, réclame toujours l'annulation de l'ensemble du scrutin. Selon le porte-parole du Conseil des gardiens, Mirhossein Moussavi aurait cependant fait une nouvelle proposition pour trouver une issue à la crise. Mais une réunion de ses représentants et de membres de la Commission se serait soldée, lundi, par un échec.
Une enquête sur la mort de Neda
Sur le plan diplomatique, l'Iran tente visiblement de calmer la colère des Occidentaux suscitée par la répression des manifestations et par l'arrestation, dimanche, de neuf employés de l'ambassade britannique à Téhéran. Lundi matin, les autorités ont libéré cinq des neuf employés et ont assuré que le pays ne souhaitait pas réduire ses relations diplomatiques avec les Occidentaux. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a également annoncé que le pays ne fermerait pas d'ambassades. Outre l'arrestation des personnels d'ambassades, les Occidentaux ont unanimement condamné la répression des manifestations du camp pro-Moussavi. Et les images de la jeune Neda tuée par balle en pleine rue ont fait le tour du monde. Face à l'indignation provoquée par ces images, Mahmoud Ahmadinejad a écrit au chef du pouvoir judiciaire pour lui demander d'enquêter sur les circonstances de la mort de cette jeune iranienne.
Les Bassadji toujours à l'affût
Dans les rues de la capitale iranienne, les autorités maintiennent la pression pour éviter les rassemblements. Dimanche, la police a dispersé quelque 3000 partisans du chef de l'opposition Mir Hossein Moussavi, qui s'étaient rassemblés à Téhéran, en dépit de l'interdiction. Selon l'agence Irna, des sites internet proches de l'opposition et de M. Moussavi, quelques heurts isolés ont éclaté avec des policiers antiémeutes. "Une, voire deux personnes ont été interpellées", a ajouté un témoin. Par ailleurs de nombreux habitants de Téhéran ainsi que des ONG comme Human Rights Watch affirment que les citoyens sont toujours la cible des bassidji, miliciens islamiques, qui s'efforcent d'empêcher les manifestations en pénétrant chez les habitants pour les y frapper.
(D'après agences)
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