Une manifestante pro-Moussavi face à un partisan de Mahmoud Ahmadinejad, à Téhéran, le 15 juin 2009 © Reuters 
Les images de la manifestation
L'édition spéciale du 20h en Iran, quelques jours avant le scrutin
Triste bilan pour la manifestation monstre en soutien à Mir Hossein Moussavi qui aurait réuni au moins 1 million de personnes lundi à Téhéran : lors du défilé des partisans du candidat modéré à la présidentielle iranienne qui conteste la régularité de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, 7 civils auraient été tués. L'information a été donnée mardi matin par la radio officielle iranienne. Selon elle, les victimes auraient participé à l'attaque d'une unité militaire.
Toutefois, un bilan sûr est pour l'heure difficile à donner, puisque le nombre de victimes varie selon les sources, certaines faisant état d'un seul mort, une autre, proche des services d'urgence de Téhéran, avançant le nombre de huit victimes. Le service de médecine médico-légale, qui dépend du ministère de la Justice, a quant à lui affirmé lundi soir n'avoir enregistré aucun décès. Quoiqu'il ensoit, la manifestation, qui avait été interdite, s'est poursuivie jusque tard dans la nuit de lundi à mardi, dégénérant localement en heurts avec les forces de l'ordre. Certains opposants allant jusqu'à incendier des véhicules sur les artères de la capitale iranienne.
Signe de dissensions au sein même du régime, mardi matin, le président du parlement iranien, Ali Larijani, a affirmé que le ministère de l'Intérieur "était responsable et devait répondre" de violentes attaques contre des étudiants et des habitants d'une grande cité du nord Téhéran. Accusation qui ne semble pas avoir ému les autorités policières puisque deux importants responsables réformateurs, Saïd Hajarian et Mohammad Ali Abtahi, tous deux proches de l'ancien président Mohammad Khatami, ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé un responsable réformateur.
Manifestation et contre-manifestation mardi
Les manifestants ont appelé à de nouveaux rassemblements ce mardi en Iran. Mir Hossein Moussavi a, à ce titre, appelé ses partisans à manifester de manière "calme et pacifique" à Téhéran. De nouvelles manifestations qui, si elles conservent la même ampleur, pourraient poser un défi de taille aux autorités qui maintiennent un ordre strict depuis trente ans.
Malgré les appels au calme et l'annulation par Mir Hossein Moussavi lui-même, la situation risque d'être tendue. En effet, outre la manifestation de l'opposition, une organisation affiliée au pouvoir entend organiser un rassemblement au même endroit, une heure apuapravant, pour "protester contre l'agitation récente et les destructions de biens publics".
Autre inquiétude pour le régime iranien, le risque de voir le mouvement s'étendre aux autres villes du pays. D'où un quasi black out des medias sur le sujet : la télévision iranienne, qui n'a montré que pendant quelques secondes des images de la manifestation, n'a pas fait mention des affrontements, tout comme les agences de presse, revenant en revanche amplement sur le "succès" du scrutin présidentiel.
Le président Ahmadinejad a pour sa part quitté le pays mardi matin pour la Russie où il assiste à un sommet régional. A cette occassion, il a affirmé que l"ère des empires était terminée", allusion aux Etats-Unis.
Les voix contestées recomptées ? |
Un tout petit en avant du régime a été annoncé mardi matin : le Conseil des gardiens de la Constitution se dit en effet prêt à procéder à un nouveau décompte des voix contestées. L'opposition demande pour sa part un décompte global, voire une annulation du scrutin et l'organisation d'une seconde élection. Refus catégorique du Conseil sur ce point. |
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