La main tendue d'Obama au monde musulman

le 03 juin 2009 à 20h56 , mis à jour le 03 juin 2009 à 21h21

A Ryad, première étape de sa tournée au Moyen-Orient, le président américain s'est notamment entretenu avec le roi Abdallah du dossier israélo-palestinien.

Barack Obama décoré par le roi Abdallah au premier jour de sa visite en Arabie saoudite (3 juin 2009)Barack Obama décoré par le roi Abdallah au premier jour de sa visite en Arabie saoudite (3 juin 2009) © L. Downing / Reuters

A Ryad, Barack Obama a entamé mercredi une visite au Moyen-Orient tout entière placée sous le signe de l'ouverture envers le monde musulman. S'il a été accueilli par un enregistrement attribué à Oussama ben Laden, diffusé par la chaîne Al-Jazira, dans lequel la figure emblématique d'Al Qaïda a accusé le président américain de "suivre la même politique d'hostilité à l'égard des musulmans" que son prédécesseur, la Maison Blanche y a aussitôt vu une tentative de détourner l'attention de la démarche de réconciliation avec les musulmans engagée par Barack Obama.

Accueilli avec les honneurs à Ryad, le président américain s'est entretenu avec le roi Abdallah du Proche-Orient, des questions relatives à l'énergie et d'autres sujets régionaux. Les deux hommes se sont ensuite vus dans un cadre privé près de deux heures. Au début de l'entretien, Barack Obama a déclaré être venu en Arabie saoudite, berceau de l'islam, pour prendre conseil, avant son discours de jeudi, auprès du roi Abdallah, dont il a loué la "sagesse". Le roi Abdallah a pour sa part décoré Barack Obama d'une haute distinction saoudienne et lui a placé le collier en or de l'ordre du roi Abdel Aziz autour du cou, tout en rendant un hommage appuyé au nouveau président américain.

Discours aux musulmans

Avant son arrivée, Barack Obama a aussi dit vouloir "remettre sérieusement sur les rails" le processus de paix au Proche-Orient et a souligné la nécessité d'une certaine fermeté à l'égard d'Israël sur la création d'un Etat palestinien et la colonisation juive. L'Arabie saoudite, poids lourd régional, attend de Washington des assurances de cette fermeté avec le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le roi Abdallah a précisément été à l'origine de l'Initiative de paix arabe, adoptée en 2002 et qui prévoit notamment une normalisation entre les Arabes et Israël en échange d'un retrait total des territoires arabes occupés en 1967. L'Etat hébreu a relevé des "aspects positifs" dans cette initiative mais ne l'a pas formellement acceptée, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.

Jeudi, Barack Obama prendra la direction de l'Egypte pour l'étape la plus attendue de son court séjour. Alors qu'à Ryad, il n'aura vu que des dirigeants, au Caire, outre bien sûr la rencontre avec son homologue Hosni Moubarak, il prononcera un grand discours à l'Université à l'attention de tous les musulmans. Objectif : marquer la fin des tensions nées de l'ère Bush et entamer la réconciliation entre les Etats-Unis et l'islam en général. A cette occasion, il pourrait apporter son soutien à l'initiative de paix israélo-palestinienne parrainée par Ryad (vous pourrez suivre ce discours en direct sur LCI et LCI.fr demain après-midi). Dans la foulée, il visitera l'une des nombreuses mosquées de la capitale égyptienne.

L'Allemagne puis la France

Après l'Egypte, Barack Obama poursuivra son voyage en se rendant en Allemagne dès demain soir où il arrivera à Dresde, la ville rasée par les bombardements américains en 1945. Outre l'entretien classique avec Angela Merkel, il se rendra après-demain dans le camp d'extermination de Buchenwald puis ira soutenir le moral de ses GI's blessés au combats en Irak et en Afghanistan et soignés sur la base américaine de Landstuhl.


Vendredi soir, il partira pour Paris, où aucune activité officielle n'est prévue. Son programme est ensuite encore flou. Samedi matin, il doit rencontrer Nicolas Sarkozy à Caen. Dans l'après-midi, il présidera les commémorations du Débarquement du 6 juin 1944 organisées notamment au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (à suivre en direct sur TF1, LCI et LCI.fr à partir de 13h30). Il rentrera ensuite sur la capitale pour repartir le lendemain.

le 03 juin 2009 à 20:56
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5 Commentaires

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  • Danindy, le 04/06/2009 à 14h20

    Enfin un président qui OSE... rassembler que plutôt diviser. La Société actuelle a vite fait de classifier plutôt que d'analyser les vraies causes et marginaliser les vraies coupables quelque soit la religion, la race, la condition sociale etc... Les politiques mettent en avant ces divisions en réprimant après avoir étendu et généraliser la peur. Notre président devrait prendre exemple. Fini le temps d'accuser, de réprimer, de catégoriser les individus etc... le temps est venu de montrer que l'esprit de solidarité ne peut être qu'un " " pour lutter les vraies causes du malaise social actuel. En France, nous vivons les divisions : Noir / Blanc, Islam / non Islam, Retraités / actifs, Malades / non malades, jeunes / vieux, paysans / ville, etc... et toutes les réformes ne font qu'aggraver ces divisions en montrant du doigt "l'autre"... Obama, est-ce le nouveau déclic des années à venir pour les Sociétés et les Entreprises? Si oui il faudra rapidement mettre de côté toutes les personnes actuelles au pouvoir pour refondre une nouvelle Société... Rêve ou ???

  • Jerome Leblanc, le 04/06/2009 à 05h49

    Je n'arrivere jamais a comprendre pourquoi Israel est toujours au centre de tout.

  • Sylvain, le 03/06/2009 à 23h08

    Obama ne pouvait pas faire pire -- nous le redoutions tous, mais il l'a fait ! C'est en fini de la démocratie en Orient, et sans doute, dans le reste du monde si on ne remplace pas cet énergumène rapidement !

  • Le Clonel, le 03/06/2009 à 22h20

    Voilà qui donnera à réfléchir au Président Sarkozy qui a oublié la réconciliation définitive entre la France et l'Allemagne. Que le "petit Président US sans expérience" a du poids au Moyen Orient. Qu'il sait s'imposer fasse à Israël. Et même si l'on n'apprécie pas encore totalement les anglais, la Reine d'Angleterre aurait bien mérité de rendre hommage aux milliers de soldats anglais tombés lors de cette guerre. Si l'Angleterre n'avait pas existé, De Gaulle serait resté en France et le débarquement de Normandie n'aurait jamais eu lieu. Mais le président Obama donnera peut-être au Président Sarkozy, les bons plans pour une reprise économique que l'on annonce (timide mais réelle) aux ... USA. Thank you, Mister President

  • Lebog, le 03/06/2009 à 22h15

    Enfin un président US qui semble oser de prendre de vraies responsabilités à l'égard d'Israel !!! Cet Etat qui bafoue depuis 60 ans les droits des palestiniens en occupant et en colonisant, la tète haute, des territoires qui ne lui appartiennent pas, pour lesquels l'ONU a statué depuis longue date. Mais ira t il jusqu'au bout ? Quels moyens se donnera t il pour reellement mettre en pratique cette "fermeté" ? Les autres Etats Occidentaux adopetront ils la meme attitude non complaisante ? On peut en douter, la diaspora juive représentant dans tous ces pays, un pouvoir non symbolique.

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