Le sous-marin a entamé ses recherches © eTF1Qui pour succéder à Mahmoud Ahmadinejad ? Mahmoud Ahmadinejad lui-même ou le candidat soutenu par les réformistes, l'ancien Premier ministre Mirhossein Moussavi ? Vendredi soir, à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle iranienne, les deux principaux camps revendiquaient la victoire. Premier à s'exprimer, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, "vainqueur indiscutable" de l'élection, selon ses propres mots. "Il y a encore beaucoup d'électeurs devant les portes closes qui n'ont pu déposer leur bulletin dans l'urne. Nous avons des bureaux qui, malgré la prolongation des heures de vote, ont reçu l'ordre de fermer leurs portes", a-t-il ajouté depuis Téhéran.
Pour autant, les premiers résultats donnent Mahmoud Ahmadinejad largement en tête. Après le dépouillement de 35% des bulletins, le président sortant obtenait ainsi 69% des voix, contre 28% à son principal rival, Mir Hossein Moussavi. Les deux autres candidats - l'ancien président du parlement Mehdi Karoubi et l'ancien chef des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaï - obtiennent eux moins de 2% chacun. "Le docteur Ahmadinejad, en obtenant la plupart des suffrages lors de ce dixième scrutin présidentiel, remporte la victoire", a affirmé l'agence officielle Irna, alors qu'un ancien haut responsable toujours proche du pouvoir a indiqué que Mahmoud Ahmadinejad va être réélu dès le premier tour avec un peu plus de 50% des voix.
Pas de changement radical
Mais déjà, l'ancien Premier ministre Moussavi parle d'irrégularités. "Nous attendons la fin officielle du comptage des voix et les explications qui nous seront données sur ces irrégularités", a-t-il déclaré vendredi soir. "Nous espérons que les autorités feront leur travail dans ce domaine, avec la sagesse du Guide suprême", a-t-il encore dit. Grande gagnante pour l'instant, la participation. Selon le ministère de l'Intérieur, son taux pourrait dépasser les 70%, sur 46 millions d'électeurs inscrits, approchant ainsi le record de 80% enregistré lors de l'élection triomphale du réformiste Mohammad Khatami en 1997. Conséquence de cette forte affluence, la fermeture des bureaux de vote a été repoussée de plusieurs heures.
Les résultats définitifs ne seront connus que samedi. Si aucun candidat ne réunit sur son nom plus de 50% des suffrages, un second tour aura lieu le 19 juin entre les deux prétendants arrivés en tête au premier tour. Le résultat de l'élection est en tout cas attendu avec grand intérêt par la communauté internationale qui espère une détente après quatre années de politique étrangère jugée isolationniste. A Washington, Barack Obama a déclaré que son administration se passionnait pour le débat en cours en Iran qui, a-t-il espéré, débouchera sur "une nouvelle voie" dans le dialogue entre les deux pays. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a estimé de son côté que la forte participation constituait "un signe très positif du fait que le peuple iranien veut que sa voix et son vote soient entendus et pris en compte".
Il ne faut toutefois pas s'attendre à un changement radical, même en cas de défaite d'Ahmadinejad, notamment parce que la position iranienne sur les grands sujets internationaux, à commencer par le nucléaire, reste dictée par le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei.
(D'après agence)
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