Les forces de l'ordre déployées dans Téhéran, le 20 juin 2009 © DRC'est le Conseil des gardiens, organe législatif suprême en Iran, qui l'affirme vendredi : l'élection présidentielle contestée du 12 juin était le scrutin "le plus sain" depuis 1979, date de la révolution contre le Shah d'Iran. Au-delà du simple commentaire, l'autorité assure avoir "pratiquement" achevé l'examen des plaintes pour irrégularités déposées par les candidats battus et n'a constaté "aucune infraction majeure".
Selon le Conseil suprême, le président sortant, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, a donc bien été réélu officiellement avec 63% des voix. Pourtant Mirhossein Moussavi, arrivé deuxième du scrutin avec 34% des voix selon les chiffres officiels, n'a eu de cesse d'appeler à l'annulation de l'élection. L'ancien Premier ministre des premières années de la Révolution dans la décennie 1980 estime en effet que l'élection a donné lieu à de vastes fraudes et revendique la victoire. Le Conseil des gardiens a déjà rejeté plusieurs appels du candidat.
Lâcher de ballon pour Neda
Dans la rue, malgré une répression accrue depuis quelques jours, la contestation se poursuit sous d'autres formes. Les partisans de Moussavi comptent ainsi lâcher des milliers de ballons dans le ciel de Téhéran ce vendredi en mémoire de Neda Agha Soltan, la jeune femme tuée dans les violences post-électorales, dont l'image de la mort a été diffusée dans le monde entier via internet. Par ailleurs Mirhossein Moussavi s'est déclaré déterminé, jeudi, à poursuivre son mouvement malgré les pressions qu'il subit pour abandonner ses plaintes. "Une fraude majeure s'est produite", dit-il sur son site internet. "Je suis prêt à démontrer que ceux qui sont derrière cette fraude sont responsables du bain de sang."
Et, preuve de la tension Un responsable religieux ultraconservateur, Ahmad Khatami, a de son côté appelé lors de la prière du vendredi à l'université de Téhéran à punir les "émeutiers" "sans aucune pitié, pour donner une leçon à tous", rapporte la radio d'Etat. Réunis à Trieste, en Italie, les ministres des Affaires étrangères du G8 ont pour leur part déploré les violences en Iran et exhorté le pouvoir à respecter la liberté d'expression.
| Mort de Neda : un jeune médecin accuse la milice |
La jeune Neda Agha-Soltan, morte par balle à Téhéran lors d'une manifestation contre la réelection du président Mahmoud Ahmadinejad, a vraisemblablement été tuée par un membre de la milice islamiste bassidj, a indiqué un médecin iranien qui affirme avoir tenté de la sauver. Arash Hejazi, étudiant en médecine dans une université anglaise, a déclaré à la BBC que peu après que la jeune femme, devenue depuis le symbole de la contestation, a été touchée d'une balle à la poitrine, les manifestants ont identifié le tireur, qui serait un membre de la milice dévouée au régime totalitaire. Hejazi a raconté qu'il était allé assister à une manifestation avec des amis à qui il rendait visite à Téhéran. "La police anti-émeute lançait des gaz lacrymogènes contre les gens et les motos ont commencé à foncer sur la foule", a-t-il dit. "Nous avons entendu un coup de feu. Neda était debout à un mètre de moi... Nous étions là et soudain je me suis retourné et j'ai vu du sang couler de la poitrine de Neda", a-t-il ajouté. "Je me suis penché sur elle et j'ai vu la blessure par balle juste sous le cou avec le sang qui coulait. J'ai compris que l'aorte était touchée de même que le poumon." |
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