Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution, le 19 juin 2009 à Téhéran © TF1/LCILa passe d'armes se poursuit entre l'Iran et l'Occident à la suite de l'éléction présidentielle contestée du 12 juin dernier. Dimanche, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a condamné les "remarques idiotes" de dirigeants occidentaux sur l'élection présidentielle qui a vu la victoire de Mahmoud Ahmadinejad, a rapporté dimanche la télévision d'Etat. "Certains responsables européens et américains, avec leurs remarques idiotes sur l'Iran, parlent comme s'ils avaient résolu tous leurs problèmes et que l'Iran restait leur seule question", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec des responsables du pouvoir judiciaire. Réunis à Trieste en Italie, les chefs de diplomatie du G8 avaient demandé vendredi la fin des violences et invité le pouvoir iranien à respecter en particulier "le droit d'expression". La veille Mahmoud Ahmadinejad s'en était déjà pris aux dirigeants du G8.
Signe de cette tension croissante, huit employés iraniens de l'ambassade de Grande-Bretagne ont été arrêtés en raison de leur implication dans les violences qui ont suivi l'élection présidentielle en Iran, a annoncé l'agence de presse semi-officielle Fars. "Ce groupe a joué un rôle actif pour provoquer les récentes émeutes", ajoute l'agence. La Grande-Bretagne a immédiatement réclamé la libération immédiate des employés de son ambassade et a qualifié leur détention par les autorités iraniennes de "harcèlement et d'intimidation".
Craintes de répression
La situation politique reste tendue en Iran. Le candidat malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi a rejeté samedi la commission chargée de préparer un rapport sur l'élection. Selon son site de campagne, il a jugé que cette commission n'était pas à même d'avoir un "jugement équitable." "J'insiste à nouveau sur l'annulation (des résultats) de l'élection comme la façon la plus appropriée de sortir du problème", affirme Mir Hossein Moussavi sur son site internet. Le candidat réformateur Mehdi Karoubi a également rejeté cette commission. Il a réclamé, dimanche, la création d'une commission indépendante et en appelle au guide suprême pour qu'il prenne la décision finale sur l'élection.
Sur le terrain, les manifestations s'essoufflent en raison notamment des craintes de répression des autorités. Selon l'organisation Human Rights Watch, les bassidji, miliciens islamiques iraniens, s'efforcent d'empêcher les Iraniens de protester en pénétrant dans les maisons et en battant les habitants.
(D'après agences)
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