Benjamin Netanyahu et Barack Obama à la Maison-Blanche, le 18 mai 2009 © TF1/LCIAu lendemain du discours de Benjamin Netanyahu sur les conditions posées par Israël à la création d'un Etat palestinien (lire : "Netanyahu prêt à accepter un Etat palestinien, si..."), les réactions continuait à tomber lundi matin. Sans véritable surprise, elles sont contrastées selon le point de vue occidental ou arabe.
L'Union européenne, par la voix de la présidence tchèque, a ainsi fait savoir sa satisfaction. "De mon point de vue, il s'agit d'un pas dans la bonne direction. L'acceptation d'un Etat palestinien a été formulée", explique le ministère tchèque des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé lundi matin. "Il s'agit d'un petit pas en avant", ajoute son homologue suédois, dont le pays prendra la tête de l'UE au mois de juillet. Les responsables européens devaient recevoir dès ce lundi le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lierberman.
Obama "testé" mais satisfait
Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, estime également que le discours "représente une avancée". "Je ne peux que saluer la perspective tracée par le nouveau Premier ministre israélien d'un Etat palestinien. La France est convaincue que c'est de l'intérêt même d'Israël et de sa sécurité", note-t-il. Il demande maintenant à Israël de préciser les contours de cet Etat palestinien et de régler les autres questions par une négociation, notamment sur le statut de Jérusalem. Surtout, il conseille à l'Etat hébreu de faire des concessions sur le terrain, comme le gel de la colonisation -ce que refuse Benjamin Netanyahu- et la réouverture de Gaza.
Ces déclarations rejoignent en grande partie celle de Barack Obama. Dès dimanche soir, le président américain, que Benjamin Netanyahu a voulu "tester" dans son discours, avait en effet salué "l'important pas en avant" d'Israël.
Hamas et Autorité palestienne, même rejet
En revanche, sans surprise, sitôt le discours terminé, les Palestiniens ont rejeté les propositions israéliennes. "Les propos de Netanyahu ont sapé toutes les initiatives, paralysé tous les efforts en cours et défié les positions palestiniennes, arabes et américaines", avait déploré Nabil Abou Rdainah, le porte-parole de Mahmoud Abbas -le président de l'Autorité palestinienne a en effet jugé la reprise des négociations inutiles tant que Benjamin Netanyahu ne se sera pas rallié au principe d'un Etat palestinien à part entière et à un gel de la colonisation en Cisjordanie. Le porte-parole du Hamas islamiste, Fawzi Barhoum, a pour sa part estimé que "ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahu et fait fi de tous les droits du peuple palestiniens".
Côté arabe, la presse syrienne officielle critique Benjamin Netanyahu, estimant qu'il avait "torpillé" le processus de paix et qu'il renvoyait la région à l'époque qui a précédé les négociations. Hosni Moubarak, le président égyptien, qui n'a réagi que lundi midi, a quant à lui fait savoir que "l'appel à reconnaître Israël comme Etat juif ruine les chances de paix". Le président libanais Michel Sleimane a enfin appelé la communauté internationale à "faire pression" sur Israël pour qu'il accepte les précédentes initiatives de paix.
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