Violences à Téhéran, Moussavi "prêt au martyre"

le 20 juin 2009 à 12h52 , mis à jour le 20 juin 2009 à 22h24

Malgré des appels d'opposants à ne pas défiler, des manifestants sont descendus dans les rues de Téhéran samedi et se sont heurtés à la police anti-émeute.

Les forces de l'ordre déployées dans Téhéran, le 20 juin 2009Les forces de l'ordre déployées dans Téhéran, le 20 juin 2009 © DR
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Les images des heurts entre policiers et manifestants

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"Le peuple se sent trahi"

La presse étrangère tenue à l'écart

 

Malgré un dispositif de sécurité dissuasif, avec, selon des témoins, des centaines de policiers anti-émeute déployés sur la place Enqelab ; malgré l'incertitude sur les appels à manifester ; malgré des violences signalées envers des habitants de Téhéran qui tentaient de rejoindre le lieu de la manifestation, une foule s'est réunie samedi après-midi à Téhéran pour protester une nouvelle fois contre le résultat de la présidentielle. Des témoins évoquaient un à deux milliers de personnes réunies devant l'Université de Téhéran - une mobilisation très en-deçà des cortèges massifs de ces derniers jours. La police a aussitôt utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour les disperser et tuer dans l'oeuf cette tentative de manifestation, officiellement interdite et dont beaucoup redoutaient qu'elle ne dégénère en violences.

Les informations provenant de Téhéran sont fragmentaires, les journalistes présents sur place étant soumis à la censure des autorités ; de rares images tournées par des habitants montraient des manifestants courant dans les rues ou faisant face à la police. La télévision d'Etat a diffusé pour sa part des sujets sur les "émeutiers", où l'on voyait  des civils sur un trottoir frappés à coups de matraques par des policiers. Des témoignages sont aussi parvenus de Téhéran, nombreux, invérifiables : un manifestant a raconté à l'Agence France-Presse que la police et la milice islamiste des bassidjis avaient lancé une attaque "brutale" contre un rassemblement pacifique. Un habitant a évoqué des milliers de manifestants rassemblés près de la place Azadi, à quatre kilomètres de la place Enqelab, dans un silence brisé seulement par des cris sporadiques comme "Mort au dictateur". D'autres témoignages signalaient des tirs et au moins un homme blessé par balles.

Moussavi s'exprime devant ses partisans

Mais un autre témoin a accusé des partisans de Mir Hossein Moussavi, officiellement battu par Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour du 12 juin, d'avoir incendié un bâtiment d'un quartier sud de la capitale abritant des supporters du président élu. Selon lui, des policiers auraient tiré en l'air pour disperser des supporters des camps rivaux dans la rue Karegar. Au sud de la ville, un kamikaze s'est fait exploser dans le mausolée de l'ayatollah Khomeini. Selon la télévision publique de langue anglaise Press TV, l'attentat aurait fait au moins deux morts, dont le porteur de la bombe ; il risque d'indigner la population iranienne dans son ensemble qui, 30 ans après le renversement du chah, continue de vénérer "l'ermite de Neauphle-le-Château".

En dépit de ces violences, Moussavi, à la tête du mouvement de contestation, s'est adressé samedi à ses partisans, assurant que la demande d'annulation de la présidentielle est un droit inaliénable et qu'il serait "toujours aux côtés" des Iraniens pour défendre leurs droits légitimes. Et il a appelé ceux qui le soutiennent à la grève générale s'il est arrêté. Une volonté de "poursuivre la lutte" réaffirmée dans une lettre publiée sur le site internet de sa campagne, où il s'est dit prêt au "martyre". Dans cette lettre, il a également lancé une critique sans précédent contre le guide suprême d'Iran Ali Khamenei, l'accusant  sans le nommer de menacer le caractère républicain de la République islamique et de viser l'imposition d'un nouveau système politique. 

L'annonce de la répression

Dans la matinée, devant les risques de violences accrues, d'autres organisateurs de la marche de protestation avaient renoncé à braver les autorités et la police. Une prudence des leaders de l'opposition qu'explique le durcissement du régime de Téhéran face à ce mouvement de protestation d'une ampleur inédite : plus haute autorité du régime, l'ayatollah Khamenei avait pris fait et cause vendredi pour le président réélu Ahmadinejad et avait demandé aux candidats battus de cesser de manifester. Il avait fait porter d'avance la responsabilité des débordements sur les contestataires, donnant le signal clair que les manifestants devaient s'attendre à ce que leur mouvement se heurte à une répression dure. Et samedi encore, la police a lancé des messages de fermeté. Le chef de la police iranienne a ainsi averti par lettre Mir Hossein Moussavi que toute manifestation serait "fermement réprimée".

Parallèlement, le Conseil des gardiens, la plus haute instance législative iranienne, a fait un geste symbolique en se disant prêt à recompter 10% des suffrages, choisis au hasard, de l'élection présidentielle du 12 juin. Le Conseil a entamé l'examen des 646 recours déposés après le scrutin qui a vu la réélection aussi large que contestée du président sortant, avec près de 63% des voix. Il a tenu samedi une session extraordinaire à laquelle étaient invités les trois candidats battus. Mais - signe du peu d'espoir fondé par les réformateurs sur cette instance - ni Mir Hossein Moussavi, ni Mehdi Karoubi n'étaient présents à l'ouverture de la réunion, seul le conservateur Mohsen Rezaie, ancien chef des gardiens de la révolution, ayant fait le déplacement. De son côté, le président américain Barack Obama a haussé le ton samedi, appelant le gouvernement iranien "à mettre fin à tous les actes de violence et d'injustice contre sa propre population".

D'après agences

le 20 juin 2009 à 12:52
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38 Commentaires

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  • Poutsie91, le 21/06/2009 à 10h23

    Allez vivre en Iran si vous pensez réellement que c'est comme en France, bande de nases !

  • Vancouver, le 20/06/2009 à 23h06

    Comment peut il exister encore au 21ème siècle un pays gouverné par des religieux ?! surtout pour en arriver à ça, mais comme le dit votre chanteur Jean Ferrat " pour tondre le mouton on aussi bien utiliser le sabre que le goupillon".

  • Jack, le 20/06/2009 à 21h31

    Vive l'iran, vive Ahmadinejad ,

  • Christophe, le 20/06/2009 à 21h21

    He ben avec des propos comme "sarko" il faut pas s'étonner !!! la 3ieme guerre mondiale approche à grand et là on pleurera tous !!!

  • Asiami, le 20/06/2009 à 21h10

    A peu de choses près, rien de bien différent à ce qui se passe en France!

  • Philippe, le 20/06/2009 à 20h56

    Malgré les appels au calme . Malgré les supputations des experts sur d'enlisement progressif du mouvement face à la chappe de plomb dictatorial . çà continue . Ils sont trés courageux ces iraniens qui dans leur coeur, leur âme sentent l'injustice . Cela va continuer ! La véritable preuve de la fraude electorale : c'est l'acharnement du vainqueur soi disant des elections a ignorer totalement ces manifestations . Aucun geste de reconnaissance au soi disant vaincus ! Dans une democratie : on est bon gagnant, on dit que l'on a entendu les autres qui auraient soi disant perdues . Là avec "Mickey Am .." et tous ces amis Rien ! La constestation va de plus en plus monter à mon avis ! Malheureusement il y aura des jeunes ou des vieux qui paieront de leur vie, cette belle et grande volonté de justice . En interdisant les manifestations . En instaurant la chappe de plomb . Même s'ils reusssisent à les baillonner . Ils peuvent s'attendre à la guerilla !!! Les ayotollahs et mollahs ont sujet à reflexion !

  • Jean-Pierre, le 20/06/2009 à 20h51

    Le sus-nomé "Sarko" qui n'a pas le courage d'écrire son nom peut toujours aller habiter en Iran si il n'est pas bien en France, pays extrémiste, selon lui ! Il pourra mettre la burqua à sa femme et travailler dans le nucléaire militaire de cette façon... "Sarko", quand on aime pas un pays et qu'on adore un autre : on se tire !

  • JW, le 20/06/2009 à 20h35

    Un excellent article publié le 15 juin dans le Washington Post par Ken Ballen et Patrick Doherty rapporte les résultats d'un sondage indépendant réalisé en Iran dans le courant du mois de mai. Les résultats du sondage donnent clairement le président Ahmadinejad vainqueur à 2:1 !! C'est une des rares sources offrant des éléments d'analyse objectifs permettant d'éclairer la situation iranienne, et elle corrobore bien plus efficacement la réalité d'une élection au déroulement franc et loyal que les "intimes convictions" de certains ou l'aigreur des perdants ne sauraient convaincre de la réalité d'une élection volée!!!!!.

  • Le zéro masqué, le 20/06/2009 à 20h23

    Les hommes ne sont pas assez sages pour avoir des dieux. Ce n'est pas nouveau .......on pond des religions et l'on s'en sert pour martyriser les autres. Vive Jésus vive Allah vive les philosophes mais ne déîfons plus . ..... et surtout a bas les manipulateurs barbus, pas barbus, avec des nattes etc. Laissons nous vivre sans ces contraintes d'un autre âge en respectant ceux qui nous respectent et en nous méfiants des bons apôtres.

  • Orphee, le 20/06/2009 à 20h19

    Des élections pourquoi faire? En Iran ce sont des religieux qui prennent les décisions... Mais avec ces manifestations il va y avoir des morts, des personnes vont disparaitre et une fois de plus c'est la population qui va payer la "facture". Et ça ça me dégoute.

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