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Les images de la manifestation
L'édition spéciale du 20h en Iran, quelques jours avant le scrutin
C'est un vent de révolte qui a gagné l'Iran. Malgré l'interdiction décrétée dans la matinée par le régime islamique, la manifestation de soutien au candidat à la présidentielle Mir Hossein Moussavi a attiré lundi après-midi dans le centre de Téhéran une foule monstre estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes, peut-être même un million. De nombreux participants arboraient des morceaux d'étoffe verte, la couleur de la campagne électorale du camp réformateur, sur laquelle on pouvait lire : "Où est mon vote ?".
Difficile de savoir exactement ce qu'il s'est passé, mais des affrontements ont éclaté en fin de manifestation et des coups de feu ont été entendus en plusieurs endroits de la ville. Selon un photographe iranien, un manifestant a été tué par balle et plusieurs autres ont été blessés. Les photos qu'il a prises montrent le corps d'un homme sans vie, le visage ensanglanté, porté par d'autres manifestants devant une base de la milice islamique du bassidj, laquelle était en feu, et un groupe de manifestants s'en prenant à une base du bassidj. Les tirs qui ont tué l'homme et en ont blessé d'autres venaient du toit, selon ce photographe. De son côté, un correspondant de l'AFP présent dans la manifestation a entendu plusieurs coups de feu. Des témoins ont rapporté à ce correspondant qu'à la fin de la manifestation des hommes en civil avaient tiré sur des manifestants en blessant plusieurs. Ces tireurs étaient habillés en civil et n'appartenaient pas à la police, selon ces témoins.
La TV iranienne n'a montré aucune image de la manifestation
En sorte de réponse, le chef du Conseil des gardiens de la constitution iranien, l'ayatollah Ahmad Jannati, a laconiquement déclaré lundi à la télévision que son organisme se prononcerait "bientôt" sur la demande d'annulation du scrutin présidentiel du candidat Mir Hossein Moussavi.
Fait important, ce dernier a en tous cas participé au défilé, juché sur le toit d'une voiture. S'adressant à ses partisans à l'aide d'un porte-voix, il s'est dit "prêt à participer de nouveau à une élection présidentielle" face à Mahmoud Ahmadinjead. Il leur également demandé de protester pacifiquement et de maintenir le calme. A ses partisans, Moussavi a dit être prêt à mener cette lutte "à n'importe quel prix". "Je suis venu ici pour inviter chacun àdéfendre ses droits dans le calme", a-t-il ajouté.
La télévision iranienne n'a montré aucune image de la manifestation. En revanche, elle avait amplement couvert la veille celle de soutien au président sortant.
Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution islamique, qui a soutenu implicitement Mahmoud Ahmadinejad pendant la campagne, a quant à lui demandé à Mir Hossein Moussavi de "poursuivre la contestation par la voie légale" -les recours légaux sont très faibles et n'ont quasiment aucune chance d'aboutir. La réponse aux différents recours déposés devrait être connue d'ici une dizaine de jours. De son côté, Mohammad Khatami, l'ancien président, a également demandé un nouveau scrutin.
Les Occidentaux demandent des explications |
Les autorités françaises ont demandé à l'Iran, via son ambassadeur convoqué à Paris lundi, de protéger son ambassade à Téhéran, "objet d'une manifestation hostile" lundi, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères. Toutefois, le ministère français des Affaires étrangères a dû se contenter d'exprimer ses inquiétudes au conseiller de l'ambassadeur en France, le premier représentant de Téhéran à Paris étant "indisponible". Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a ensuite dit espérer "que la répression cessera au plus vite", en parlant "d'expression de révolte démocratique", lors d'une conférence de presse commune avec le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, à Paris. "Nous sommes très respectueux de la manière dont les Iraniens se livrent à ces démonstrations qui tendent vers la démocratie", a ajouté M. Kouchner. Selon lui "les arguments de l'opposition, de ceux qui se sont présentés et qui dénoncent le trucage de ces élections, doivent être écoutés avec respect car ils risquent beaucoup" dans un pays où la situation est très tendue. Le président Nicolas Sarkozy s'est pour sa part déclaré lundi "profondément préoccupé par les développements de la situation politique en Iran", condamnant les "violences contre les manifestants" et appelant à faire "toute la lumière" sur les résultats de la présidentielle, selon un communiqué de l'Elysée. A Washington, la Maison-Blanche se dit "inquiète". Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé lundi que la "volonté" du peuple devait être "pleinement respectée" en Iran. Le chef de l'ONU a indiqué "suivre de près" cette situation, notamment "la façon dont l'enquête va se dérouler". Il faisait allusion à l'annonce par les dirigeants religieux iraniens qu'une enquête serait menée sur le déroulement de l'élection. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont de leur côté demandé à l'Iran d'enquêter sur la conduite de l'élection présidentielle et déploré "l'utilisation de la violence contre les manifestants pacifiques". |
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