Mir Hossein Moussavi © ReutersIl est labellisé "réformateur" par les médias étrangers. Sur place, Mir Hossein Moussavi, qui revendique la victoire à la présidentielle iranienne face au sortant Mahmoud Ahmadinejad, est soutenu par les jeunes et les femmes. Les Iraniens expatriés en ont fait leur champion. Les capitales étrangères, Washington en premier lieu, ne savent quant à elles pas trop sur quel pied danser. Bien sûr, elles disent s'inquiéter de la situation. Mais doivent-elles aller jusqu'à prendre position publiquement pour Mir Hossein Moussavi, au risque de le faire passer pour un "agent de l'étranger" ? Barack Obama a de fait donné un premier indice mardi soir, en affirmant que la politique des deux hommes serait, selon lui, similaire.
Mir Hossein Moussavi changerait-il en effet la face de l'Iran, notamment en matière diplomatique, s'il était président ? A priori, non, d'autant plus qu'il n'occuperait que le deuxième poste du régime, après le Guide suprême Ali Khamenei. En outre, quoi qu'il arrive, Mir Hossein Moussavi, aujourd'hui âgé de 67 ans, reste et restera un pur produit de la Révolution islamique, qu'il a toujours soutenue et à laquelle il a participé activement.
Premier ministre avant de s'éclipser de la vie politique, Mir Hossein Moussavi était ainsi l'un des personnages clés du régime pendant quasiment toutes les années 80. Il a par exemple défendu la prise d'otages à l'ambassade américaine, validé les exécutions d'opposants ou encore appuyé la fatwa contre Salman Rushdie après la publication des Versets sataniques. Aujourd'hui, il reste encore fidèle aux principes de la Révolution. Pas question ainsi, comme la plupart des Iraniens, de reconnaître l'existence d'Israël. Pas question non plus d'abandonner le programme nucléaire.
Contre-pied d'Ahmadinejad
Mais, pendant la campagne, Mir Hossein Moussavi a pris le contre-pied exact de Mahmoud Ahmadinejad sur la plupart des sujets primordiaux. Au pouvoir, en respectant ses promesses de campagne, il pourrait insuffler sans conteste un vent nouveau sur la jeune société iranienne, notamment en matière de libéralisation des moeurs et de droit des femmes.
Surtout, afin de casser l'image d'"extrémiste" accolée à l'Iran pendant le mandat de Mahmoud Ahmadinejad, il se veut beaucoup plus modéré et pragmatique en politique étrangère. Il critique ainsi les diatribes antisémites de son adversaire et condamne l'Holocauste. Pour le nucléaire, il se dit prêt à accepter des garanties pour éviter une dérive militaire. "Personne en Iran n'accepterait la suspension. Personne ne reculera. Mais nous devons envisager les solutions, ou en d'autres termes les garanties qui peuvent être trouvées pour vérifier que le programme n'est pas détourné à des fins militaires", expliquait-il en avril dernier au Financial Times en avril 2009) Il est même prêt à négocier avec les Etats-Unis.
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