Mir Hossein Moussavi © ReutersLe candidat malheureux à la présidentielle iranienne Mir Hossein Moussavi a rejeté samedi la commission chargée de préparer un rapport sur l'élection du 12 juin. Selon son site de campagne, il a jugé que cette commission n'était pas à même d'avoir un "jugement équitable." "J'insiste à nouveau sur l'annulation (des résultats) de l'élection comme la façon la plus appropriée de sortir du problème", affirme Mir Hossein Moussavi sur son site internet. Le Conseil des gardiens de la Constitution, l'organe chargé de superviser les élections et d'en valider les résultats, a annoncé vendredi la création d'une commission spéciale comprenant des représentants des candidats qui devra préparer un rapport sur le scrutin, tout en affirmant qu'il n'y avait pas eu de fraude lors de la réélection du président Ahmadinejad.
Le conseil a appelé les candidats "Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi à présenter leurs candidats dans 24 heures (pour participer à cette commission) pour qu'il n'y ait plus d'ambiguïtés et de questions sur l'affaire des élections". Le Conseil de discernement, l'organe suprême d'arbitrage iranien, a appelé "tous les candidats à coopérer au maximum avec le Conseil des gardiens de la Constitution et à utiliser cette occasion (...) pour présenter leurs documents pour un examen complet et précis" du processus électoral, selon un communiqué rapporté samedi par l'agence Isna. Mir Hossein Moussavi, ainsi que le candidat réformateur Mehdi Karoubi, réclament toujours l'annulation du scrutin pour fraude. Ce dernier a souhaité dimanche la création d'une commission indépendante, rejetant ainsi à son tour l'autorité de celle proposée par le pouvoir, dans une lettre publiée par le journal Etemad Melli. "Certains des messieurs de cette commission ont précédemment pris des positions partisanes", explique-t-il, en appelant donc à la formation d'une commission "indépendante qui ait des membres plus modérés".
Ahmadinejad s'en prend à Barack Obama
Par ailleurs, le président M. Ahmadinejad, violemment critiqué à l'étranger pour la répression brutale des manifestations, s'en est de nouveau pris samedi au président américain Barack Obama, qui s'était dit la veille "outré" par cette répression. "Il a parlé de réformes et de changement, pourquoi alors intervient-il (dans les affaires intérieures iraniennes) et fait-il des commentaires contraires (...) à la politesse", a-t-il dit. Le président iranien a également dénoncé les "propos insultants de certains responsables occidentaux" envers son pays, en affirmant qu'il allait désormais profiter de sa présence "dans toutes les instances internationales pour faire le procès" de ces dirigeants. Réunis à Trieste en Italie, les chefs de diplomatie du G8 avaient demandé vendredi la fin des violences et invité le pouvoir iranien à respecter en particulier "le droit d'expression".
Deux semaines après la proclamation de la victoire de M. Ahmadinejad avec 63 % des voix, le mouvement de contestation contre le résultat du scrutin s'essoufle. Mais les autorités ne relâchent pas la pression et ont perquisitionné les locaux d'un parti politique ayant soutenu M. Moussavi pendant la campagne. Autre moyen pour les autorités de ramener le calme dans les rues de la capitale : la traque aux manifestants. Selon Human Rights Watch, les bassidji, miliciens islamiques iraniens, s'efforcent d'empêcher les Iraniens de manifester de nuit sur leurs toits en pénétrant dans les maisons et en battant les habitants.
(D'après agences)
| Des employés de l'ambassade de Grande-Bretagne arrêtés |
Huit employés locaux de l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran ont été arrêtés. Selon l'agence Fars qui ne cite pas de source, ces personnes ont été arrêtées pour leur "rôle considérable dans les émeutes" qui ont secoué le pays après la présidentielle du 12 juin. Londres et Téhéran ont expulsé en début de semaine deux diplomates chacun, les autorités iraniennes accusant la Grande-Bretagne de se mêler de ses affaires intérieures et de jouer un rôle dans la vague de contestation que connaît le pays. Le correspondant de la BBC en Iran, Jon Leyne, soupçonné par l'Iran de soutenir les manifestations contre le pouvoir, a reçu le week-end dernier l'ordre de quitter le pays. Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, a estimé jeudi que le gouvernement iranien était confronté à une "crise de crédibilité" avec son propre peuple et non avec l'Occident et dénoncé la "répression lourde" des manifestations après l'élection. |
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