Image d'archives : Benjamin Netanyahu © ABACA![]() |
| Netanyahu accepte pour la 1ère fois un Etat palestinien |
Dans son premier discours de politique étrangère depuis les élections de février dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit prêt dimanche à accepter la création d'un Etat palestinien démilitarisé qui reconnaîtrait Israël comme l'Etat du peuple juif. "Si nous obtenons cette garantie de démilitarisation et les dispositions qu'Israël requiert en matière de sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent Israël en tant que nation du peuple juif, nous seront prêts à un véritable accord pour parvenir à la solution d'un Etat palestinien démilitarisé aux côtés de l'Etat juif", a-t-il déclaré lors de ce discours très attendu, prononcé à l'université Bar Ilan, dans la banlieue de Tel Aviv. "A chacun a son drapeau, à chacun son hymne (...). Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l'espace aérien, sans entrée d'armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l'Iran ou le Hezbollah", a-t-il ajouté. Une idée qu'il refusait encore il y a trois mois.
Le Premier ministre israélien a en revanche exclu un gel de la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés, en dépit des pressions américaines, n'acceptant ainsi qu'une des deux exigences de Barack Obama, formulées notamment lors de son discours de réconciliation avec le monde musulman le 4 juin au Caire. "Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer des terres à cette fin mais il faut permettre aux habitants des implantations de vivre normalement", a-t-il affirmé, excluant ainsi l'arrêt de la construction dans les colonies existantes pour répondre aux besoins de la "croissance naturelle".
Une idéologie "raciste et extrémiste"
A nouveau, Benjamin Netanyahu, qui a pris début avril les rênes d'un gouvernement très ancré à droite, s'est dit prêt à rencontrer les chefs d'Etat et de gouvernement des pays arabes et a exhorté l'Autorité palestinienne à reprendre immédiatement les négociations de paix. Abordant l'épineuse question du droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948, il s'y est opposé, comme ses prédécesseurs. "Le problème des réfugiés palestiniens doit être résolu hors des frontières de l'Etat d'Israël. Sur ce point, il existe un consensus international", a-t-il tranché. "Je crois qu'avec de la bonne volonté et des investissements internationaux, on peut résoudre une fois pour toutes ce problème humanitaire."
Jérusalem, autre point-clé du processus de paix, doit rester la capitale indivisible d'Israël, a poursuivi le chef de file du Likoud, qui a en outre invité l'Autorité palestinienne à vaincre le Hamas, seule maitre de la bande de Gaza depuis juin 2007. "Ils doivent choisir entre la voie de la paix et celle du Hamas. L'Autorité palestinienne doit faire régner l'ordre public (...) et triompher du Hamas. Israël ne négociera pas avec des terroristes voués à sa destruction", a lancé le Premier ministre, dont le discours a été jugé très négatif à Ramallah..
"Les propos de Netanyahu ont sapé toutes les initiatives, paralysé tous les efforts en cours et défié les positions palestiniennes, arabes et américaines", a déploré Nabil Abou Rdainah, porte-parole du président de l'Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas a jugé la reprise des négociations inutiles tant que Benjamin Netanyahu ne se sera pas rallié au principe d'un Etat palestinien et à un gel de la colonisation. Le porte-parole du Hamas islamiste, Fawzi Barhoum, a pour sa part estimé que "ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahu et fait fi de tous les droits du peuple palestiniens". Le président américain Barack Obama a lui salué "l'important pas en avant" constitué selon lui par le discours du Premier ministre israélien.
(D'après agence)
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