Les rues de Téhéran sont quadrillées par les forces de l'ordre, qui empêchent tout rassemblement. © REUTERSLe président américain Barack Obama a haussé le ton mardi contre le régime de Téhéran en condamnant la répression des manifestations post-électorales, et a rejeté les accusations d'ingérence en Iran, au cours d'une conférence de presse à Washington.
Obama a également estimé que la légitimité de la réélection de l'ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad, que le pouvoir iranien a exclu mardi d'annuler, posait de "sérieuses questions". "Je condamne fermement les actions violentes et je m'associe aux Américains dans le deuil pour pleurer chaque vie innocente perdue", a-t-il déclaré. Il a par ailleurs regretté que le pouvoir iranien accuse "les Etats-Unis et d'autres (pays occidentaux) d'être à l'origine des manifestations qui ont eu lieu après l'élection présidentielle" contestée du 12 juin.
Fonds de la CIA
Le président américain affichait jusqu'ici une approche plus prudente de la crise iranienne, tiraillée entre sympathie pour les manifestants et désir de ne pas s'ingérer dans les affaires de Téhéran, que Washington soupçonne de développer l'arme nucléaire mais avec lequel il espère pouvoir ouvrir un dialogue. Le président américain a enfin appelé Téhéran à "gouverner par le consensus et non par la force", en citant les violences dans les manifestations en Iran, qui ont fait au moins 17 morts, une centaine de blessés et des centaines d'arrestations. La condamnation des violences par Obama s'ajoutait mardi à celles du Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, de l'Italie et Israël, qui ont sévèrement critiqué le régime iranien.
Téhéran de son côté continue de surenchérir sur le plan diplomatique. Ainsi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a confirmé qu'il ne se rendrait pas en Italie pour une réunion sur l'Afghanistan en marge d'une rencontre du G8 à Trieste (nord-est d'Italie), du 25 au 27 juin, a rapporté mercredi l'agence Isna. Et, au-delà, l'Iran s'entête dans des déclarations agressives à l'encontre de la communauté internationale. Ainsi, le régime des mollahs envisagerait de diminuer le niveau de ses liens avec Londres et accuse les émeutiers d'avoir reçu des fonds de la CIA.
Journalistes arrêtés, plaintes retirées
Sur place, la situation tendait mercredi à un léger fléchissement de l'opposition. Ainsi le candidat conservateur à l'élection présidentielle iranienne Mohsen Rezaï a décidé de retirer sa plainte pour irrégularités dans le scrutin du 12 juin en arguant notamment du peu de temps accordé par les autorités pour les examiner, selon une lettre citée mercredi par l'agence officielle Irna. M. Rezaï a justifié aussi sa décision par le fait que "la situation politique, sécuritaire et sociale du pays est entrée dans une phase sensible et déterminante qui est plus importante que les élections.
Le régime reste quant à lui ferme : "les autorités iraniennes ne céderont pas sous la pression des manifestants" qui contestent la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, a assuré mercredi Ali Khamenei, guide suprême de la révolution, cité par la télévision publique. Le pouvoir poursuit en outre sa répression et accélère le bâillonnement de la presse. Ainsi quelque 25 journalistes et membres du personnel du quotidien Kalemeh Sabz du candidat malheureux Mir Hossein Moussavi (qui maintient sa plainte pour irrégularités dans le scrutin), ont été arrêtés, a déclaré mercredi un membre de la rédaction en chef du journal. "Les agents qui sont venus au journal n'ont pas présenté d'ordre", aprécisé un membre de la rédaction.
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