Les rues de Téhéran sont quadrillées par les forces de l'ordre, qui empêchent tout rassemblement. © REUTERS
La tension est remontée d'un cran lundi en Iran, avec l'avertissement non dissimulé des Gardiens de la révolution. Alors que Téhéran est bouclée, les forces de l'ordre quadrillant la ville, le corps d'élite de la République islamique d'Iran a prévenu les manifestants qu'ils seraient confrontés à une riposte musclée de leur part s'ils poursuivaient la contestation. "Les Gardiens de la révolution, les bassidjis et les autres forces de l'ordre et de sécurité sont prêts à mener une action décisive et révolutionnaire pour mettre un terme au complot et aux émeutes", selon un communiqué cité par l'agence Mehr. Bravant cette menace, entre 200 et un millier de manifestants se sont réunis lundi sur l'une des places principales de Téhéran, selon des témoins.
C'est la première fois que les Gardiens lancent un tel avertissement depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. La mise en garde s'adresse aux "principaux responsables et aux éléments qui ont été trompés" responsables des troubles, c'est-à-dire aux hommes politiques comme aux manifestants. Les Gardiens adressent aussi une mise en garde aux "dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et du régime sioniste (Israël), en dénonçant leurs positions et leur demandant d'éviter de s'ingérer dans les affaires intérieures iraniennes". Le corps des Gardiens de la révolution compte environ 125.000 hommes, selon les chiffres du Military balance de l'institut britannique Jane's. Il disposerait d'une unité d'intervention à l'extérieur, la force Quds, dont il n'a jamais confirmé l'existence.
457 arrestations
Ce corps a été créé peu après la révolution de 1979 par le fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, qui doutait de la fidélité de l'armée au nouveau régime. Dévoué au guide suprême, il n'en est pas pour autant un bloc monolithique. Son premier chef, pendant seize ans, Mohsen Rezaï était candidat à la présidentielle contre Mahmoud Ahmadinejad, et a porté plainte pour des irrégularités dans le scrutin.
Alors que la crainte de nouvelles violences est forte, l'Italie se dit disposée, en coordination avec d'autres pays européens, à ouvrir son ambassade à Téhéran aux manifestants iraniens blessés dans les affrontements avec les forces de l'ordre. Cette initiative de Rome fait suite à une décision de la Suède, qui assurera la présidence de l'UE à partir du 1er juillet, d'inviter les Vingt-Sept à mettre en place une action coordonnée pour ouvrir leurs ambassades aux manifestants. 457 personnes ont été arrêtées dans les affrontements de samedi soir autour de la place Azadi à Téhéran, ont indiqué lundi des sources policières citées par la radio d'Etat. Selon l'agence Fars, qui cite également des sources policières, 40 policiers ont été blessés et 34 bâtiments gouvernementaux endommagés.
D'après agence
| La fille de l'ex-président Rafsandjani libérée ? |
Faezeh Rafsandjani, fille de l'ancien président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, a été libérée de prison, rapporte lundi la télévision publique iranienne. Faezeh Rafsandjani et plusieurs de ses proches ont participé samedi à un rassemblement de l'opposition à Téhéran et ont été emmenés par les forces de l'ordre "afin de préserver leur sécurité face aux actes terroristes des émeutiers", a rapporté dimanche l'agence de presse iranienne Fars. Mardi dernier, Faezeh Rafsandjani avait pris la parole lors d'un rassemblement de partisans de l'opposant et candidat malheureux à la présidentielle Mirhossein Moussavi, dans le nord de Téhéran. Jeudi, Fars avait rapporté que deux enfants de Rafsandjani, dont Faezeh, s'étaient vus interdire de sortir du territoire. Leur père fait partie des personnalités influentes du régime qui se sont rangées derrière Moussavi. L'ancien président dirigea actuellement l'Assemblée des experts. |
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