Mollahs à Qom (archives) © Reuters
Au tout début de la campagne électorale, Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur modéré, s'est rendu discrètement à Qom, l'une des villes saintes de l'islam chiite, pour consulter les grands ayatollahs. L'ancien Premier ministre connaît en effet le poids des religieux.
Il sait aussi que bon nombre d'entres eux n'ont guère apprécié de voir Mahmoud Ahmadinejad restreindre leur sphère d'influence au profit des Pasdarans (ndlr : les Gardiens de la Révolution). De grands contrats signés avec les fondations religieuses leur échappent désormais et ils n'ont plus qu'un seul ministre au sein du gouvernement. Or au moins quatre d'entre eux étaient présents dans l'équipe de son prédécesseur, le réformateur Mohammad Khatami.
Courroux
Cette visite n'est pas passée inaperçue dans le camp d'Ahmadinejad. La télévision d'Etat a immédiatement parlé de violation des règles électorales, allant même jusqu'à dénoncer une opération visant à manipuler les docteurs en religions. Cette attaque en règle a aussitôt provoqué le courroux de plusieurs mollahs qui n'ont pas hésité à écrire une lettre ouverte au directeur de ladite chaîne d'Etat.
Dans un pays encore très pieux, il ne faut en effet pas offenser les ayatollahs. Les responsables de ces troubles ont donc dû s'excuser et faire un rectificatif sur le petit écran en précisant que Mir Hossein Moussavi n'avait fait que son devoir en se déplaçant à Qom. Les ayatollahs n'aiment pas qu'on touche à leur indépendance.
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