Au 6e jour, l'opposition appelle au deuil

Par L.D. (Avec agence), le 18 juin 2009 à 08h28 , mis à jour le 18 juin 2009 à 15h23

Mir Hossein Moussavi, le candidat battu, appelle ses partisans à défiler cet après-midi en hommage aux sept victimes des manifestations de lundi.

manif iran 17 juinManifestation pro-Moussavi, à Téhéran, le 17 juin 2009 © Reuters

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Le point sur place
jeudi matin

 

Le mouvement de protestation, sans précédent en Iran depuis la révolution islamique de 1979, entre ce jeudi dans sa sixième journée. Dans un message publié sur son site internet, Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur battu le président sortant Mahmoud Ahmadinejad dans des conditions contestées, a en effet appelé ses partisans à manifester pacifiquement ou à se réunir dans les mosquées.

Ses supporters devraient suivre son appel et observer une journée de deuil national en hommage aux victimes des violences qui ont suivi le scrutin. Selon les médias officiels iraniens, au moins sept personnes ont été tuées lundi à Téhéran en marge d'une manifestation de l'opposition.

Les médias occidentaux accusés
 
Mercredi, l'opposition a continué à défier le pouvoir mercredi en Iran, avec une nouvelle manifestation de masse à Téhéran pour réclamer l'annulation de la présidentielle, alors que les autorités ont accentué leur pression contre le camp réformateur et les médias occidentaux. Ces manifestations se sont prolongées tard dans la nuit. Au lendemain de leur marche dans le calme mardi, plusieurs dizaines de milliers de partisans de Moussavi, avertis via Internet, se sont à nouveau rassemblés, malgré l'interdiction. Ils ont défilé en silence, sans incident. De brèves images de cette manifestation ont été diffusées par la télévision d'Etat.

Ne lâchant pas non plus la pression, le pouvoir a de son côté multiplié les interpellations d'opposants, y compris en province où des manifestations ont eu lieu, comme à Mashhad (nord-est) et Tabriz (nord-ouest). Moussavi a déposé avec les deux autres candidats, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaï, une contestation devant le Conseil des gardiens de la constitution. Cette institution, finalement chargée par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, d'examiner les plaintes, a fait savoir qu'elle entendrait les trois protestataires samedi. Elle doit rendre au plus tard dimanche un avis sur un nouveau décompte. Mais le régime persiste à nier l'importance et la garvité de la situation et continue à accuser des médias occidentaux non identifiés d'être les "porte-parole" des "émeutiers". Les journalistes étrangers ont d'ailleurs, depuis mardi, l'interdiction de couvrir les manifestations "illégales".

Soutiens de poids
 
Le mouvement initié par le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi continue néanmoins de s'étoffer et prend de plus en plus de poids : il est désormais soutenu par plusieurs grandes figures iraniennes, dont les anciens présidents Akhbar Hachemi Rafsandjani et Mohammad Khatami, préoccupés par l'isolement de l'Iran sur la scène internationale et la politique économique populiste d'Ahmadinejad.

 Par ailleurs, l'Association des religieux combattants, qui regroupe le clergé réformateur iranien, a demandé l'autorisation d'organiser une grande marche samedi avec un discours de Mir Hossein Moussavi, Selon le site de l'association, l'ancien président réformateur Mohammad Khatami.

Par L.D. (Avec agence) le 18 juin 2009 à 08:28
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4 Commentaires

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  • Christophe, le 18/06/2009 à 17h10

    JE vois pas réellement la différence mais eux oui semble t'il. qu'il mettent l'armé de leur coté est c'est réglé

  • Polo, le 18/06/2009 à 11h52

    Blanc bonnet ou bonnet blanc

  • Michel, le 18/06/2009 à 09h35

    Elections validées ou pas, l'Iran se trouve maintenant au pied du mur avec divers difficultés internes qui ne lui donnent pas l' avantage face aux autres nations de la planète; à savoir son choix sur la politique nucléaire, le manque de pérennité du pétrole; sa position face aux états non musulmans. Pour un seul pays çà fait beaucoup. L'Iran devra donc s'ouvrir à des relations plus larges par le nouveau président reconnu ou pas par le peuple. Sinon, Téhéran connaîtra l'agonie que seuls les Iraniens pourront résoudre. Si l'ennemi vient de l'intérieur, la solution vient également de l'intérieur.

  • DIDIER, le 18/06/2009 à 08h52

    C'est une occasion unique pour le candidat réformateur de faire changer les choses en Iran. Il dispose d'une grande force pour amener certains religieux à revoir leur position (l'Islam ne peut se permettre de fabriquer de nombreux martyrs de leur religion pour défendre un dictateur). Si les partisans de Mirhossein Moussavi lâchent prise ce sera terminé pour de nombreuses décennies avant de voir changer les choses. Mahmoud Ahmadinejad a peu de chance de voir d'autres pays musulmans le soutenir dans un tel contexte religieux. A terme même certaines forces de l'ordre risquent de le laisser tomber ou obéir passivement. La jeunesse Iranienne ne peut être sacrifiée.

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