Les pro Moussavi dans les rues de Téhéran © REUTERSLa tension restait forte dimanche à Téhéran. Au lendemain de la réélection controversée du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l'Iran, les rues de la capitale étaient à nouveau quadrillées par les forces de l'ordre. Comme samedi, des heurts ont éclaté entre quelque 200 partisans de Mirhossein Moussavi et la police. Les manifestants ont à nouveau scandé "Mort au dictateur !" et lancé des pierres en direction des policiers. Les forces de l'ordre ont alors riposté à l'aide de bombes lacrymogènes. Ils ont également tiré en l'air pour disperser les manifestants. Au moins 170 personnes, dont 60 "organisateurs" ont été arrêtées. "La situation est sous contrôle", a assuré à la télévision d'Etat le chef-adjoint de la police, Ahmed Reza Radan, même si les affrontements se poursuivaient avec de petits groupes très mobiles.
Dans le même temps, le président réélu, Mahmoud Ahmadinejad, a tenu dimanche sa première conférence de presse. L'occasion pour lui de déclarer que le fort taux de participation au scrutin présidentiel constituait un camouflet pour "le système oppresseur" qui dirige le monde. Il a également estimé que la question du nucléaire iranien "appartient au passé", laissant ainsi entendre qu'il n'y aurait pas de changement dans ce domaine pendant son second mandat. Un peu plus tard, il s'est adressé aux milliers d'Iraniens qui s'étaient rassemblés dans le centre de Téhéran pour entendre son premier discours. "Les élections en Iran sont les plus propres", a déclaré à cette occasion Mahmoud Ahmadinejad. "Ici, les décisions à tous les niveaux appartiennent au peuple", a-t-il ajouté, alors que la foule ponctuait chacun des points forts de son discours par des slogans tels que "Ahmadinejad on te soutient", "Moussavi menteur", et "honte à toi Hachémi".
Khamenei appelle à un "soutien unanime" à Ahmadinejad
De son côté, après avoir appelé ses partisans à maintenir "pacifiquement" leur "opposition" aux résultats du scrutin, son principal opposant Mirhossein Moussavi a soumis au Conseil des gardiens de la Constitution une demande d'annulation de l'élection pour irrégularités. La veille, il avait qualifié le résultat de "dangeureuse parodie". "Le comportement de certains responsables va avoir pour résultat de mettre en danger les fondements de la République islamique et de mener à la tyrannie", avait-il estimé. L'ayatollah Ali Khamenei est quant à lui sorti de sa réserve samedi, exhortant les Iraniens à respecter la victoire d'Ahmadinejad. Le guide suprême, premier personnage de l'Etat, a appelé les candidats battus et leurs partisans à s'abstenir de tout "comportement provocateur". "Le président choisi et respecté est le président de l'ensemble de la nation iranienne et tous, y compris les rivaux d'hier, doivent lui apporter un soutien unanime", a martelé le religieux.
Un avis que ne partagent pas de nombreux pays occidentaux, même si leurs doutes ne sont pas toujours formulés explicitement. Dimanche le vice-président américain a dit qu'il avait de "vrais doutes" sur la victoire d'Ahmadinejad. Samedi soir, l'Union européenne, par la voix de la présidence tchèque, s'était dite proccupée par les fraudes présumées et les violences. La France elle "prend note" de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad mais aussi de la "contestation" des résulats. "Nous continuons à suivre la situation de près", a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier.
Le premier réseau de téléphones portables coupé |
Le premier réseau de téléphonie mobile, qui est contrôlé par l'Etat, a été coupé à Téhéran. Conséquence, depuis samedi soir, il n'y a plus de réseau portable et les téléphones ne fonctionnent plus alors que les manifestations se poursuivent dans la capitale iranienne. Le réseau de SMS, qui servait de moyen de communication pour les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi, avait été coupé dès vendredi matin, jour du scrutin. Par ailleurs, les réseaux Youtube et Facebook ainsi que plusieurs sites internet réformateurs iraniens, notamment Jomhouriat, Norouz, Emrouz, Entekab, Shahbnews et Aftabnews ont été filtrés par les autorités depuis vendredi après-midi et les internautes n'y ont plus accès. |
D'après agence
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