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Par L.D. (Avec agence), le 24 juin 2009 à 16h00, mis à jour le 24 juin 2009 à 22:24
Sur le plan diplomatique, l'Iran envisagerait "de diminuer le niveau de ses liens" avec Londres et accuse les émeutiers d'avoir reçu des fonds de la CIA.
Les rues de Téhéran sont quadrillées par les forces de l'ordre, qui empêchent tout rassemblement. © REUTERSA force de menaces et de violences, la situation en Iran tendait mercredi à un léger fléchissement de l'opposition. D'autant que la télévision nationale iranienne a annoncé qu'un nouveau comptage partiel des bulletins de vote de l'élection présidentielle du 12 juin confirmait le résultat initial officiel. Et le candidat conservateur à l'élection présidentielle iranienne Mohsen Rezaï a décidé de retirer sa plainte pour irrégularités dans le scrutin du 12 juin en arguant notamment du peu de temps accordé par les autorités pour les examiner, selon une lettre citée mercredi par l'agence officielle Irna. M. Rezaï a justifié aussi sa décision par le fait que "la situation politique, sécuritaire et sociale du pays est entrée dans une phase sensible et déterminante qui est plus importante que les élections".
Les opposants au président iranien ont profité de la "Journée des étudiants" pour demander une nouvelle fois sa démission ce lundi. Comme prévu ou presque, la police a utilisé la force pour les disperser.
Publié le 07/12/2009
Des appels à descendre dans les rues ont été lancés par l'opposition réformatrice à l'occasion d'une manifestation officielle, la journée nationale de l'étudiant. La présence policière a été renforcée.
Publié le 07/12/2009
Dans les rues, la présence de centaines de policiers antiémeutes et de miliciens islamiques mercredi dans le quartier du Parlement à Téhéran a dissuadé quelques centaines de personnes présentes de se rassembler pour protester contre les résultats de la présidentielle, selon des témoins. Toutefois des heurts ont opposé des manifestants réformateurs aux forces de l'ordre iraniennes dans le sud de Téhéran, a annoncé un témoin qui a précisé que ces affrontements n'avaient pas fait de victime. La police anti-émeutes a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser la foule.
25 membres d'une rédaction arrêtés
Le régime reste donc ferme : "les autorités iraniennes ne céderont pas sous la pression des manifestants" qui contestent la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, a assuré mercredi Ali Khamenei, guide suprême de la révolution, cité par la télévision publique. Rappelons à ce titre que l'épreuve de force opposant pouvoir et manifestants a fait jusqu'ici 17 morts parmi les civils. Le pouvoir poursuit en outre sa répression et accélère le bâillonnement de la presse. Ainsi quelque 25 journalistes et membres du personnel du quotidien Kalemeh Sabz du candidat malheureux Mir Hossein Moussavi (qui maintient sa plainte pour irrégularités dans le scrutin), ont été arrêtés, a déclaré mercredi un membre de la rédaction en chef du journal. "Les agents qui sont venus au journal n'ont pas présenté d'ordre", aprécisé un membre de la rédaction.
Du côté diplomatique, Téhéran a également poursuivi sa litanie de déclarations et autres décisions agressives. Ainsi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a confirmé qu'il ne se rendrait pas en Italie pour une réunion sur l'Afghanistan en marge d'une rencontre du G8 à Trieste (nord-est d'Italie), du 25 au 27 juin, a rapporté mercredi l'agence Isna. Et, au-delà, l'Iran envisagerait de diminuer le niveau de ses liens avec Londres et accuse les émeutiers d'avoir reçu des fonds de la CIA.
Obama rejette les accusations d'ingérence
Sur le plan diplomatique toujours, c'est du côté des Etats-Unis que le ton a sensiblement monté. Le président américain Barack Obama s'en est en effet pris mardi au régime de Téhéran en condamnant la répression des manifestations post-électorales, et a rejeté les accusations d'ingérence en Iran, au cours d'une conférence de presse à Washington. Obama a également estimé que la légitimité de la réélection de l'ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad, que le pouvoir iranien a exclu mardi d'annuler, posait de "sérieuses questions". "Je condamne fermement les actions violentes et je m'associe aux Américains dans le deuil pour pleurer chaque vie innocente perdue", a-t-il déclaré. Il a par ailleurs regretté que le pouvoir iranien accuse "les Etats-Unis et d'autres (pays occidentaux) d'être à l'origine des manifestations qui ont eu lieu après l'élection présidentielle" contestée du 12 juin.
Le président américain affichait jusqu'ici une approche plus prudente de la crise iranienne, tiraillée entre sympathie pour les manifestants et désir de ne pas s'ingérer dans les affaires de Téhéran, que Washington soupçonne de développer l'arme nucléaire mais avec lequel il espère pouvoir ouvrir un dialogue.
La journaliste irano-américaine Roxana Saberi, détenue pendant 100 jours en Iran, a de son côté dénoncé mercredi à Paris la répression "inhumaine" dans ce pays depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad et exprimé son "inquiétude" pour les personnes arrêtées.
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