Des femmes attendant pour voter à Téhéran, le 12 juin 2009 © REUTERS
Les Iraniens se sont déplacés en masse vendredi pour le scrutin présidentiel, afin de choisir entre quatre candidats, dont le président sortant et ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad et l'ex-Premier ministre Mir Hossein Moussavi. "La participation des électeurs est sans précédent", a déclaré le responsable de l'élection au ministère de l'Intérieur, cité par la chaîne de télévision Press-TV. Un peu plus tard, le ministère de l'Intérieur prédisait un taux de participation dépassant les 70%, approchant ainsi le record de 80% enregistré lors de l'élection triomphale du réformiste Mohammad Khatami en 1997. Face à l'affluence, la fermeture des bureaux de vote a été repoussée de plusieurs heures.
La participation des 46 millions d'électeurs est considérée comme un facteur clé pour permettre à M. Moussavi, un conservateur modéré, d'entraîner le président sortant dans un second tour, voire l'emporter dès le premier. Deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, sont dans la course. Les résultats officiels sont attendus dans les 24 heures suivant la clôture du scrutin. Un second tour se tiendra le 19 juin si aucun candidat n'obtient 50% des voix plus une.
Les "mensonges" du président
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a voté juste après l'ouverture du scrutin. Il a souhaité que "la population fasse preuve de calme et empêche des tensions d'apparaître dans les bureaux de vote". La campagne électorale s'est déroulée dans climat acerbe entre candidats mais aussi dans une atmosphère festive de manifestations populaires, à un niveau jamais vu dans la République islamique.
Le président Ahmadinejad a voté tôt dans un quartier du sud-est de la capitale. Cultivant son image d'"homme du peuple", il a patienté 40 minutes avant de mettre son bulletin dans l'urne, selon l'agence officielle Irna. Hossein Moussavi, qui a aussi voté à Téhéran, a vu "un bon présage" dans la forte participation. Il a néanmoins demandé "aux responsables de bien garder les urnes électorales". Il a aussi fait état d'informations selon lesquelles certains de ses "représentants n'ont pas été autorisés à servir comme observateur" dans des bureaux de vote.
La campagne a reflété des divisions profondes sur l'avenir de l'Iran après les quatre ans de mandat Ahmadinejad. Ses adversaires ont critiqué notamment sa rhétorique dure sur la crise du nucléaire et contre Israël, qui a contribué à l'isolation du pays. Le président sortant a accusé Hossein Moussavi d'être soutenu par les "profiteurs" du régime. Hossein Moussavi, sorti d'une retraite politique de 20 ans, a dénoncé les "mensonges" du président sur son bilan économique et une politique populiste en la matière.
D'après agence
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