Une participation "sans précédent"

le 12 juin 2009 à 12h09 , mis à jour le 12 juin 2009 à 19h53

La fermeture des bureaux de vote a été repoussée de plusieurs heures pour permettre aux nombreux Iraniens voulant voter de pouvoir le faire.

Des femmes attendant pour voter à Téhéran, le 12 juin 2009Des femmes attendant pour voter à Téhéran, le 12 juin 2009 © REUTERS
 



Les Iraniens se sont déplacés en masse vendredi pour le scrutin présidentiel, afin de choisir entre quatre candidats, dont le président sortant et ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad et l'ex-Premier ministre Mir Hossein Moussavi. "La participation des électeurs est sans précédent", a déclaré le responsable de l'élection au ministère de l'Intérieur, cité par la chaîne de télévision Press-TV. Un peu plus tard, le ministère de l'Intérieur prédisait un taux de participation dépassant les 70%, approchant ainsi  le record de 80% enregistré lors de l'élection triomphale du réformiste Mohammad Khatami en 1997. Face à l'affluence, la fermeture des bureaux de vote a été repoussée de plusieurs heures.
 
La participation des 46 millions d'électeurs est considérée comme un facteur clé pour permettre à M. Moussavi, un conservateur modéré, d'entraîner le président sortant dans un second tour, voire l'emporter dès le premier. Deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, sont dans la course. Les résultats officiels sont attendus dans les 24 heures suivant la clôture du scrutin. Un second tour se tiendra le 19 juin si aucun candidat n'obtient 50% des  voix plus une.
 
Les "mensonges" du président
 
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a voté juste après l'ouverture du scrutin. Il a souhaité que "la population fasse preuve de calme et empêche des tensions d'apparaître dans les bureaux de vote". La campagne électorale s'est déroulée dans climat acerbe entre candidats  mais aussi dans une atmosphère festive de manifestations populaires, à un niveau jamais vu dans la République islamique.
 
Le président Ahmadinejad a voté tôt dans un quartier du sud-est de la  capitale. Cultivant son image d'"homme du peuple", il a patienté 40 minutes  avant de mettre son bulletin dans l'urne, selon l'agence officielle Irna. Hossein Moussavi, qui a aussi voté à Téhéran, a vu "un bon présage" dans la forte participation. Il a néanmoins demandé "aux responsables de bien garder les urnes  électorales". Il a aussi fait état d'informations selon lesquelles certains de ses "représentants n'ont pas été autorisés à servir comme observateur" dans des  bureaux de vote.
 
La campagne a reflété des divisions profondes sur l'avenir de l'Iran après  les quatre ans de mandat Ahmadinejad. Ses adversaires ont critiqué notamment sa rhétorique dure sur la crise du  nucléaire et contre Israël, qui a contribué à l'isolation du pays. Le président sortant a accusé Hossein Moussavi d'être soutenu par les "profiteurs" du régime. Hossein Moussavi, sorti d'une retraite politique de 20 ans, a dénoncé les "mensonges" du président sur son bilan économique et une politique populiste en  la matière.
 
D'après agence

le 12 juin 2009 à 12:09
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13 Commentaires

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  • Nath, le 12/06/2009 à 21h35

    Ah,ah,ah "isolation du pays":avec de la laine de verre?

  • Lilice, le 12/06/2009 à 20h37

    Ca sent l'envie de changement ! J'ai vu, il y a 3 ans, un film documentaire suivi d'un débat avec la réalisatrice qui permettait à de jeunes iraniens de raconter leurs aspirations, leurs envies, leurs espoirs de vivre dans une société meilleure : Ils ont avaient marre de vivre dans un système hypocrite, réfractaire à une vie moderne et humaine. Certains racontaient comment ils déjouaient la surveillance des policiers et milices chargés d'appliquer l'intégrisme religieux afin de se retrouver entre hommes et femmes, de sortir s'amuser et vivre tout simplement. En plus, actuellement, beaucoup d'entre eux n'en peuvent plus de galérer entre chômage, pauvreté et désespoir. Donc quitte à passer pour une utopiste et comme on dit souvent, tant qu'il y a de l'espoir....

  • Nano06, le 12/06/2009 à 19h50

    Les iraniens ont le choix entre la peste et le cholera. Ces élections sont une parodie de démocratie, aucun candidat démocrate ou indépendant, tous les candidats font partie du système et sont adoubés par le "guide suprême" Khamenei...

  • Sylvie, le 12/06/2009 à 18h41

    "isolation" ou "isolement" du pays ? On a chaud, belle faute !

  • Eliaz, le 12/06/2009 à 18h24

    A mon sens, la république islamique est moins pire que ne le dise les occidentaux: rappelons que le shah était l'allié de l'Europe...

  • Claude, le 12/06/2009 à 17h58

    Il y a encore beaucoup à faire quand on contate encore que les femmes sont séparées des hommes ??

  • Sep, le 12/06/2009 à 17h27

    L'Iran est un pays magnifique avec une histoire et une civilisation de 8000 ans. Mais si elle était un pays libre, moderne et ouvert à l'époque du Shah, jamais un république "islamique" n'aurait pu s'y instaurer pendant 30 ans. La vérité est que le régime du Shah était dictatorial. Le Shah a pillé le pays, tué les opposants et les libres-penseurs, laissant un des plus grand peuple du monde dans le désarroi avec 75% d'illetrés ; un peuple tellement désespéré qu'il a choisi un autre régime dictatorial, encore pire que le précédent. Aujourd'hui, hélas, il faut choisir le moins mauvais d'entre eux mais a-t-on le choix vraiment? Ce n'est pas si réjouissant que cela. A quand une république sans autre mot qui la suive?

  • Fenetre, le 12/06/2009 à 17h09

    Bernard, Sanary --> La participation pour le 1er tour de la présidentielle en France était > à 80%. De plus il manque p e des bureaux de vote, d'ou un engorgement des bureaux de vote iraniens et une impression que beaucoup de monde votent.

  • Claude, le 12/06/2009 à 16h45

    ON s'aperçoit que la population aspire à autre choses que ses dirigeants...

  • Bernard, le 12/06/2009 à 16h42

    En France, il n'y a que 40% d'électeurs. ça laisse songeur..Regardez vous en face Messieurs les priviligies qui ne sont pas capables de participer.

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