© AFPPrès d'une semaine après son arrestation pour espionnage, Clotilde Reiss attend toujours la visite de l'ambassadeur de France en Iran. Le Quai d'Orsay espérait cette première rencontre pour mercredi. Mais comme il s'agissait d'un jour férié en Iran, elle a été reportée à jeudi. Néanmoins, Bernard Poletti a pu avoir un bref entretien téléphonique -quelques secondes seulement.
Sur le fond du dossier, Bernard Kouchner, qui s'est entretenu au téléphone avec son homologue, Manouchehr Mottaki, a une nouvelle fois contesté les accusations d'espionnage des autorités iraniennes. "Il m'a demandé ce qu'elle faisait dans une manifestation contre Mahmoud Ahmadinejad où elle a pris des photos. Mais elle n'était pas dans cette manifestation. Elle a pris des photos avec son portable comme des centaines de milliers de personnes. Et les messages qu'elle a fait parvenir à son entourage sont des messages de banalité et de gentillesse, c'est-à-dire 'ne vous inquiétez pas pour moi, etc", explique Bernard Kouchner. "C'est impossible même que cette jeune fille de 23 ans Clotilde Reiss puisse en quoi que ce soit agir contre l'Etat en voyant les manifestants devant elle", ajoute-t-il.
Bernard Kouchner admet que cette arrestation est "sans aucun doute" le signe de la tension entre la France et l'Iran. "Mais la tension résulte des affrontements et des oppositions entre les Iraniens surtout et de la contestation à l'intérieur même du régime et au plus haut niveau", note-t-il. Considère-t-il pour autant Clotilde Reiss comme un otage politique ? La réponse est toute diplomatique : "Vous comprendrez que je reste discret. Ce que je veux fortement, c'est qu'elle sorte et qu'elle rejoigne sa famille".
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