Le double discours du pouvoir

Par D.H. (avec agences), le 28 juillet 2009 à 22h50 , mis à jour le 28 juillet 2009 à 22h53

Ahmadinejad a appelé mardi à la libération d'ici au 7 août des manifestants. Mais dans le même temps, les autorités ont interdit une cérémonie à la mémoire des victimes des violences postélectorales.

[Expiré] iran manif pro-moussavi 17 juillet 2009 © iran manif pro-moussavi 17 juillet 2009

Il souffle le chaud et le froid, manière de maintenir l'étau serré sans inciter à de nouvelles manifestations. Contre toute attente, le président Mahmoud Ahmadinejad, s'exprimant pour la première fois sur ce sujet, a appelé mardi le chef du pouvoir judiciaire à libérer d'ici au 7 août les protestataires contre sa réélection du 12 juin sur lesquels ne pèsent pas de graves accusations, après l'élargissement de 140 détenus. Des gestes destinés à apaiser les fortes tensions en Iran... tout en interdisant de rendre hommage aux morts.

Les autorités ont en effet refusé d'autoriser à l'opposition d'organiser jeudi une cérémonie de deuil à la mémoire des personnes tuées dans les violences post-électorales qui ont fait 30 morts selon un député. Les autorités avaient jusque là fait état de 20 morts. Environ 200 personnes sont en oute toujours en détention. Les autorités avaient fait état de 1.000 à 2.000 arrestations.
 
En Irak, émeutes et assaut dans un camp de l'opposition iranienne

 
Parallèlement, de l'autre côté de la frontière, les forces de sécurité irakiennes ont pris de force mardi le contrôle du camp des Moudjahidine du Peuple, farouches opposants au régime iranien réfugiés en Irak, après de violents affrontements qui ont fait au moins 260 blessés selon la police. 800 soldats irakiens avaient tenté de pénétrer dans le camp mais avaient dû faire face à une forte résistance des habitants, qui s'est rapidement transformée en émeutes. Selon des images diffusées par le mouvement d'opposition, des dizaines de personnes ont tenté d'empêcher l'entrée des soldats en se massant devant l'un des portails. L'armée a riposté à coups de canon à eau et de bâtons. Une situation que les Etats-Unis affirment suivre de près.
 
Situé à une centaine de km au nord de Bagdad dans la province de Diyala et à 80 km de la frontière iranienne, le camp Ashraf, qui abrite 3.500 personnes, a été construit dans les années 1980 afin d'y accueillir les Moudjahidine du Peuple. Fondée en 1965 avec pour objectif d'abord de renverser le régime du chah, puis le régime islamiste, l'OMPI a été chassée d'Iran dans les années 1980. Le régime de Saddam Hussein avaient utilisé ces opposants pendant la guerre Iran-Irak comme force d'appoint pour mener des opérations en Iran. Les opposants iraniens ont été désarmés en 2003 par les forces américaines qui ont pris le contrôle du camp avec la chute du régime de Saddam Hussein consécutive à l'invasion de l'Irak.

Par D.H. (avec agences) le 28 juillet 2009 à 22:50
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