Manifestation de l'opposition pro-Moussavi, le 30 juillet 2009 © TF1/LCIMalgré l'interdiction des autorités, l'opposition iranienne a maintenu ce jeudi son hommage aux victimes de la répression post-électorale du mois dernier. Le rassemblement s'est déroulé dans un cimetière de Téhéran, en présence de Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur battu, et de Mehdi Karoubi, l'autre représentant de l'opposition à la présidentielle qui a vu la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad.
Comme on pouvait s'y attendre, la police est intervenue pour disperser les participants à coups de matraque. A peine arrivé sur place, où se trouvaient environ 2000 personnes, Mir Hossein Moussavi a quant à lui été immédiatement contraint de quitter les lieux. Selon les témoins, il a juste eu le temps d'emprunter l'allée menant à la tombe de Neda Agha-Soltan, une jeune femme tuée par balle le 20 juin et devenue le symbole de la contestation. Un peu plus tard, le même sort a été réservé par les forces de l'ordre à Medhi Karoubi. Pour protester contre l'attitude des autorités, les partisans des deux hommes ont crié des slogans en leur faveur et lancé des pierres sur les véhicules de police. Celle-ci a procédé à de nombreuses interpellations.
Les manifestants se sont ensuite retrouvés dans le centre de la capitale, où de nouveaux heurts ont eu lieu en fin d'après-midi. La police anti-émeutes a de nouveau dispersé sans ménagement des milliers de partisans du leader d'opposition. Les policiers, en civil et en uniforme, s'en sont pris aux contestataires à coup de gaz lacrymogènes et de matraque, procédant à un certain nombre d'arrestations. Selon des témoins, certains manifestants ont allumé des feux de poubelles tandis que des policiers ont brisé les vitres des voitures dont les occupants actionnaient leurs avertisseurs en signe de soutien à l'ancien Premier ministre réformiste.
Chaud et froid
Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, qui réclament toujours l'annulation du scrutin pour fraude et de nouvelles élections, avaient initialement appelé à un "rassemblement silencieux" au Grand Mossala (lieu de prière), dans le centre de Téhéran, à la mémoire des morts. Après le refus des autorités, ils avaient décidé à défaut de se rendre au cimetière de Beheshte Zahra pour marquer le quarantième jour de la mort de plusieurs personnes lors de la manifestation particulièrement violente du 20 juin.
Ces nouveaux incidents interviennent alors que le régime souffle le chaud et le froid. D'un côté, comme le demandait Mahmoud Ahmadinejad, le procureur général a affirmé que la grande majorité des personnes arrêtées en juin dernier seront libérées d'ici vendredi. De l'autre, une vingtaine d'accusés seront jugés à partir de samedi.
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