© AFPNicolas Sarkozy a exigé mardi la libération "à très bref délai" de Clotilde Reiss, l'universitaire française de 23 ans détenue depuis le 1er juillet en Iran, qualifiant les accusations lancées contre elle par les autorités de Téhéran de "hautement fantaisistes". Officiellement, la jeune femme, emprisonnée depuis le 1er juillet, est accusée d'espionnage.
La nouvelle de sa détention avait été annoncée lundi par le ministère des Affaires étrangères, qui a d'emblée protesté auprès des autorités iraniennes. Selon le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, la jeune femme "est innocente et doit être libérée." Quant au motif qui lui a valu de telles accusations, "il s'agit d'envoi de photos prises par un téléphone portable. Je crois qu'il s'agit de ça, ça n'est pas de l'espionnage, ça ne peut pas l'être, cette accusation est absurde", a ajouté le chef de la diplomatie française.
"Une jeune femme engagée et passionnée par l'Iran"
Clotilde Reiss a été diplômée en 2008 de l'Institut d'études politiques (IEP) de Lille avec un master de politique comparée après un mémoire sur l'Iran, a indiqué mardi l'école lilloise. Le directeur de l'IEP de Lille Pierre Mathiot s'est indigné de sa détention. "Etre emprisonnée pour avoir seulement transmis des informations, cela paraît ahurissant, décalé, disproportionné", a-t-il lancé. "C'était une étudiante déterminée et passionnée. Excellente élève, elle a eu toutes ses années avec mention", a précisé le directeur des études de l'IEP, Benoît Lengaigne.
Son mémoire de fin d'études était intitulé: "Système éducatif en Iran, la révolution islamique à l'école (Etude des manuels d'instruction sociale du cycle primaire en Iran de la révolution islamique à aujourd'hui)". "A priori, elle parle bien le farsi, parce qu'elle cite des manuels iraniens qu'elle a traduits dans son mémoire", a précisé M. Mathiot. Selon lui, elle est partie en Iran en février 2009 avec une bourse de l'IFRI (Institut français de recherche en Iran). "Elle s'est débrouillée pour avoir un job de lectrice à l'université pour pouvoir rester là-bas", a-t-il ajouté. Clotilde était lectrice de français à l'université d'Ispahan (Iran) et a été arrêtée mercredi à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle était sur le chemin du retour, via Beyrouth. Selon une étudiante de l'IEP d'origine iranienne - ayant requis l'anonymat - et qui a pris des cours de persan il y a deux ans avec elle, c'était une "jeune femme très engagée et passionnée par l'Iran où elle avait déjà effectué plusieurs voyages".
Durcissement
Selon le quai d'Orsay, la jeune femme avait résidé en Iran "pendant cinq mois". La France "a informé ses partenaires européens à ce sujet et en appelle à la solidarité de tous les Européens". Depuis la présidentielle du 12 juin, l'Iran a durci le ton face aux pays occidentaux, accusés d'avoir soutenu la contestation interne contre la réelection de l'ultraconservateur Ahmadinejad. Le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui participait lundi au sommet franco-britannique à Evian, a lancé un avertissement à l'Iran, affirmant que les Européens étaient prêts à prendre des mesures "ensemble", en réponse à des mesures prises contre l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran.
(D'après agence)
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