Carte de l'Iran © TF1/LCIUne universitaire française est en détention depuis le 1er juillet en Iran sous le chef d'inculpation d'espionnage, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères, qui a protesté auprès des autorités iraniennes et réclamé sa libération. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a déclaré, lundi soir sur France 3, que la jeune femme "est innocente et doit être libérée." "Si nous comprenons bien, cette jeune femme a été accusée d'espionnage, il s'agit d'envoi de photos prises par un téléphone portable. Je crois qu'il s'agit de ça, ça n'est pas de l'espionnage, ça ne peut pas l'être, cette accusation est absurde", a-t-il ajouté. "Nous souhaitons que toute la lumière soit faite, que cette jeune femme soit libérée. Il n'y a aucune raison pour qu'elle soit retenue", a-t-il dit, avant de répéter: "Nous exigeons cette libération".
Malgré la répression, l'opposition iranienne conteste encore Ahmadinejad
Les opposants au président iranien ont profité de la "Journée des étudiants" pour demander une nouvelle fois sa démission ce lundi. Comme prévu ou presque, la police a utilisé la force pour les disperser.
Publié le 07/12/2009
Les opposants iraniens braveront-ils les menaces ?
Des appels à descendre dans les rues ont été lancés par l'opposition réformatrice à l'occasion d'une manifestation officielle, la journée nationale de l'étudiant. La présence policière a été renforcée.
Publié le 07/12/2009
Le quai d'Orsay avait révélé plus tôt dans la soirée la détention de l'universitaire et indiqué que l'ambassadeur d'Iran à Paris avait été convoqué lundi. Selon une source diplomatique proche du dossier, elle aurait participé à des manifestations à Ispahan après la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et pris des photos et envoyé un courriel privé à un ami à Téhéran. "Elle était une jeune enseignante tout à fait classique qui faisait son travail, qui a été témoin de manifestations comme des millions d'Iraniens" et n'était "pas active dans ces manifestations", a souligné le chef de la diplomatie française. "Il y a un problème politique qu'affronte le monde entier, que commente le monde entier, et en particulier les 27 pays d'Europe", a-t-il dit en évoquant la réélection le 12 juin de l'ultraconservateur Ahmadinejad, et les manifestations qui ont suivi.
Les Européens prêts à "prendre des mesures"
Selon une source diplomatique proche du dossier, la Française était lectrice à l'université d'Ispahan dans le centre du pays. L'accusation d'espionnage repose sur l'envoi d'un courriel privé qu'elle avait envoyé à un de ses amis à Téhéran pour l'informer sur la situation à Ispahan. La jeune femme a été arrêtée mercredi soir à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle devait partir pour Beyrouth, et est détenue à la prison d'Evine, dans la capitale iranienne.
Depuis la présidentielle du 12 juin, l'Iran a durci le ton face aux pays occidentaux, accusés d'avoir soutenu la contestation interne contre la réelection de l'ultraconservateur Ahmadinejad. Le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui participait lundi au sommet franco-britannique à Evian, a lancé lundi un avertissement à l'Iran, affirmant que les Européens étaient prêts à prendre des mesures "ensemble", en réponse à des mesures prises contre l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran. M. Brown avait annoncé le 23 juin l'expulsion de deux diplomates iraniens, après une décision de Téhéran d'expulser deux diplomates britanniques d'Iran. Neuf employés locaux de l'ambassade britannique avaient également été arrêtés le 28 juin, et il en reste encore un toujours détenu, selon Londres.
(D'après agence)
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