Après la répression, la purge se poursuit au tribunal

le 01 août 2009 à 11h16 , mis à jour le 01 août 2009 à 12h18

Le procès de plusieurs personnalités iraniennes modérées, accusées d'avoir provoqué les troubles ayant suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, s'est ouvert samedi matin.

Les rues de Téhéran sont quadrillées par les forces de l'ordre, qui empêchent tout rassemblement.Les rues de Téhéran sont quadrillées par les forces de l'ordre, qui empêchent tout rassemblement. © REUTERS
Combien sont-ils à faire face au juge ? Plusieurs dizaines, mais on ignore leur nombre exact. Les noms de quelques-uns d'entre eux sont connus, toutefois : parmi les prévenus, on trouve ainsi l'ancien vice-président Mohammad Ali Abtahi, l'ex-vice-ministre des Affaires étrangères Mohsen Aminzadeh, l'ancien porte-parole du gouvernement Abdollah Ramazanzadeh, ainsi que l'ex-député Mohsen Mirdamadi et Behzad Nabavi, qui fut ministre de l'Industrie. Autant de personnalités modérées de la vie politique iranienne qui se retrouvent aujourd'hui accusées d'avoir fomenté des troubles après l'élection présidentielle controversée du 12 juin. Et qui doivent répondre des violences - mais aussi, pour plusieurs d'entre eux, d'atteinte à la sûreté de l'Etat, un crime passible de la peine capitale. Leur procès s'est ouvert samedi matin.
La victoire contestée le 12 juin du président sortant, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, a provoqué une vague de manifestations dans le pays. Ces troubles, les plus graves depuis la révolution iranienne de 1979, ont été violemment réprimés et ont mis en lumière des divisions au sein de l'élite dirigeante. Deux candidats réformateurs battus à la présidentielle, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, ont dénoncé des fraudes généralisées, accusation rejetée par le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei.
Les dignitaires religieux eux-mêmes sont divisés
Certains religieux radicaux soutiennent Ahmadinejad mais d'autres dignitaires chiites, dont le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri, dénoncent le déroulement du scrutin et la répression qui a suivi. Et jusque dans son propre camp, Mahmoud Ahmadinejad est critiqué pour avoir tenté d'imposer comme premier vice-président le beau-père de son fils, Esfandiar Rahim Mashaie, qui avait provoqué un tollé en 2008 en assurant que l'Iran était ami du peuple israélien. Le président a dû faire machine arrière à la demande expresse de son protecteur, le "guide suprême" Ali Khamenei, mais sa décision de garder Mashaie comme chef de cabinet n'a pas apaisé certains dirigeants radicaux. Parmi ceux-ci figure le ministre du Renseignement, dont le limogeage par Ahmadinejad n'a fait que jeter de l'huile sur le feu.
Pendant qu'apparaissent ces divisions au sommet, la rue reste houleuse : jeudi soir, la police a dispersé sans ménagement dans le centre de Téhéran des milliers de partisans de Mir Hossein Moussavi qui tentaient de se rassembler, malgré l'interdiction des autorités, sur un immense lieu de prière. Les policiers, en civil et en uniforme, ont dispersé les contestataires à coups de gaz lacrymogènes et de matraque. Un responsable de la police a déclaré vendredi à l'agence de presse Ilna qu'une cinquantaine de manifestants avaient été arrêtés mais que beaucoup avaient ensuite été ensuite relâchés.
Les manifestants voulaient rendre hommage, à l'invitation de sa mère, à Nada Aghan-Soltan, étudiante de 26 ans tuée quarante jours plus tôt lors d'affrontements avec des policiers et miliciens, et devenue le symbole de la contestation contre le régime. Les autorités affirment que la jeune femme, dont la mort a été filmée et les images ont été diffusées sur internet, n'a pas été tuée par des balles des forces de sécurité et insinuent que l'incident pourrait être le fruit d'une manipulation destinée à discréditer le pouvoir.
D'après agence
le 01 août 2009 à 11:16
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1 Commentaires

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  • Gill, le 03/08/2009 à 15h04

    Ce que je souhaite pour le peuple Iranien, c'est qu'il finisse par comprendre que tant qu'il y aura les religieux qui désideront de leur bonheur, ils n' en auront pas... Les religieux doivent se cantonner à leurs rôles et pas interférer dans la vie des peuples . Rendez du pouvoir à l'église dans notre pays et vous verrez ce qu'ils en feront...

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