Bernard Kouchner sur Europe 1, le 25 août 2009 © TF1 NewsLa réplique n'a pas tardé. Invité d'Europe 1 ce mardi en début de matinée, Bernard Kouchner a plus que vivement réagi aux propos de Seyed Mehdi Miraboutalebi. Dans une interview au Parisien, l'ambassadeur d'Iran en France accuse en effet une nouvelle fois Clotilde Reiss d'être une espionne et révèle que les services iraniens la suivaient avant même son arrestation. "Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d'un professeur de français ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d'enrichissement d'uranium ? Pourquoi choisit-elle une université technologique où l'on n'étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité", s'interroge ainsi le diplomate iranien. Avant d'asséner : "En apparence, elle est partie pour donner des cours de français à Ispahan. Alors pourquoi s'est-elle retrouvée pendant quinze jours dans les manifestations de Téhéran ?". La chercheuse française s'est présenté en personne ce mardi devant le tribunal de Téhéran. Elle a ensuite pu regagner l'ambassade de France, où elle est tenue de résider depuis la mi-août.
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Bernard Kouchner, visiblement agacé, qualifie toutes ces accusations de "fariboles". "Arrêtez de penser que l'ambassadeur d'Iran est la justice iranienne. Ce monsieur a parlé, il a tort de le faire d'ailleurs, parce que ce qu'il dit est faux. Nous l'avons reçu, convoqué plusieurs fois", affirme-t-il. Le ministre des Affaires étrangères répète également "craindre" qu'il faille attendre "quelques jours voire quelques semaines" le jugement du procès. Seyed Mehdi Miraboutalebi indique pour sa part que le jugement sera de toute façon "moins long qu'en France",
Cet accrochage verbal est un nouvel exemple de la tension régnant entre Paris et Téhéran, tension justement symbolisée par les relations compliquées entre Seyed Mehdi Miraboutalebi et le Quai d'Orsay. "Le dialogue est difficile avec lui", admet Bernard Kouchner. Plus globalement, concernant les discussions bilatérales entre les deux pays, il explique : "Nous avons essayé, bien avant les Américains dont nous approuvons d'ailleurs la politique : tendre la main est nécessaire, poursuivre le dialogue est indispensable, mais nous l'avons fait. Je téléphone toutes les semaines en Iran à mon homologue. Est-ce que cela sert à quelque chose ? Non, non et non", s'emporte-t-il, laissant pour une fois le langage diplomatique feutré au vestiaire. Version différente du point de vue iranien puisque Seyed Mehdi Miraboutalebi souligne "faire tout (son) possible pour que le climat s'apaise et éviter que les choses ne dégénèrent".
Ecoutez un extrait de l'interview de Bernard Kouchner en cliquant ci-dessous :
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