© AFP / ALI RAFIEI Après la proposition iranienne de libérer Clotilde Reiss à condition qu'elle réside à l'ambassade de France jusqu'à la fin de son procès, la situation est toujours bloquée. Le Quai d'Orsay n'a en effet pas apprécié la manière dont Seyed Mehdi Miraboutalebi, l'ambassadeur d'Iran à Paris, a présenté l'arrangement à la presse. Le diplomate a notamment reproché aux autorités françaises d'avoir rendu publique trop rapidement l'arrestation de la jeune femme. Selon lui, une plus grande discrétion aurait permis d'éviter le procès et de trouver un accord entre les deux pays.
Après être resté muet quelques heures, le ministère des Affaires étrangères, qui a convoqué Seyed Mehdi Miraboutalebi, a répliqué mardi soir. Il a souligné avoir informé Téhéran depuis le début de l'affaire que l'ambassade de France "était prête à accueillir Clotilde Reiss dès lors que celle-ci bénéficierait d'une mesure de remise en liberté, ce qui n'est toujours pas le cas à ce jour". "Cette décision relève de la responsabilité intégrale des autorités iraniennes," a indiqué le Quai d'Orsay.
Libération sous caution "dans les meilleurs délais"
Il semble que la France estime qu'accueillir Clotilde Reiss en liberté surveillée à son ambassade à Téhéran serait reconnaître de fait sa culpabilité. Elle continuerait donc de demander sa libération en bonne et due forme. Le Quai d'Orsay a d'ailleurs répété mercredi qu'une telle mise en liberté conditionnelle assortie d'une assignation à résidence en Iran ne constituerait que la "première étape" vers l'abandon des poursuites judiciaires. "Si Clotilde Reiss bénéficie d'une libération conditionnelle, nous sommes évidemment prêts à l'accueillir à l'ambassade de France à Téhéran. C'est le message constant que nous avons exprimé aux autorités iraniennes", a martelé un porte-parole du ministère. Avant d'insister : "Mais nous continuons à demander l'abandon de toutes les poursuites judiciaires à l'encontre de nos deux compatriotes Clotilde Reiss et Nazak Afshar". Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a de son côté précisé que Paris attendait "dans les meilleurs délais" la libération "sous caution dans un premier temps" de Clotilde Reiss.
En attendant que le cas de Clotilde Reiss ne se débloque, Nazak Afshar, la Franco-Iranienne employée par l'ambassade de France, aussi jugée samedi, a pu dormir à son domicile après avoir été libérée mardi après-midi. Elle espère désormais pouvoir venir en France très rapidement. Nicolas Sarkozy a notamment remercié la Syrie pour l'aide apportée dans les négociations ayant abouti à sa remise en liberté.
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