Clotilde Reiss (à gauche) et Nazak Afshar, lors de leur procès, samedi 8 août 2009 © REUTERSPar la voix de Seyed Mehdi Miraboutalebi, son ambassadeur à Paris, l'Iran a proposé mardi après-midi que la jeune Française Clotilde Reiss bénéficie d'une mesure de liberté conditionnelle à condition qu'elle réside à l'ambassade de France à Téhéran d'ici à la fin de son procès. La France a fait savoir qu'elle exigeait une libération complète.
Cette annonce de l'ambassadeur a été à l'origine d'une passe d'armes verbale. Seyed Mehdi Miraboutalebi a en effet reproché aux autorités françaises d'avoir rendu publique trop rapidement, le 6 juillet, l'arrestation de la jeune femme. Selon lui, une plus grande discrétion aurait pu permettre d'éviter le procès et de trouver un accord entre les deux pays. Le Quai d'Orsay a répliqué en assurant qu'il mettait tout en oeuvre pour obtenir la libération de Clotilde Reiss. "Les autorités iraniennes ont été informées depuis plusieurs semaines que l'ambassade de France à Téhéran était prête à accueillir Clotilde Reiss dès lors que celle-ci bénéficierait d'une mesure de remise en liberté, ce qui n'est toujours pas le cas à ce jour. "Cette décision relève de la responsabilité intégrale des autorités iraniennes," indique le ministère des Affaires étrangères.
Sarkozy appelle l'employée libérée
En attendant que le cas de Clotilde Reiss ne se débloque, Nazak Afshar, l'employée de l'ambassade de France qui possède la double nationalité franco-iranienne, a été libérée en fin d'après-midi. Nicolas Sarkozy l'a appelée dès sa sortie de prison. Le chef de l'Etat exprime également "sa reconnaissance aux pays de l'Union européenne et aux autres pays amis, comme la Syrie, qui nous ont apporté leur soutien dans cette première phase".
Un peu plus tôt dans la matinée, au micro de RTL cette fois, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, s'était montré optimiste : "Nous avons le début d'un espoir. Nous avons l'espoir qu'une solution rapide puisse être trouvée", avait-il poursuivi, précisant s'appuyer sur les récents contacts diplomatiques. "La France, par l'intermédiaire du président de la République, multiplie les initiatives pour obtenir sa libération", a ajouté le porte-parole du gouvernement. "Le président a eu encore jusqu'à hier soir des contacts avec des personnalités qui travaillent actuellement pour sa libération", a-t-il poursuivi Luc Chatel.
Un mail trop précis ? |
L'Iran indique que Clotilde Reiss a été arrêtée pour avoir notamment écrit des mails sur les manifestations se déroulant à Téhéran après la présidentielle. La France souligne que ces messages n'avaient rien de précis et se contentaient de décrire la situation. Mais selon RTL, l'accusation se base surtout sur un mail envoyé au directeur de l'Institut français de relations iraniennes, dépendant de l'ambassade de France. Or ce message serait beaucoup plus précis que les autres. |
(D'après agences)
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