Clotilde Reiss implore la clémence de Téhéran

le 08 août 2009 à 08h35 , mis à jour le 08 août 2009 à 22h44

Clotilde Reiss, sur le banc des accusés en Iran, le 8 août 2009Clotilde Reiss, sur le banc des accusés en Iran, le 8 août 2009 © REUTERS

Clotilde Reiss à la barre

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Le témoignage d'une amie de Clotilde Reiss

 

 La Française Clotilde Reiss, jugée devant un  tribunal de Téhéran avec des participants aux manifestations post-électorales, aurait reconnu samedi, selon une agence officielle iranienne, avoir rédigé un rapport  pour un institut dépendant de l'ambassade de France. "J'ai écrit un rapport d'une page et l'ai remis au patron de l'Institut  français de recherche en Iran qui dépend du service culturel de l'ambassade de  France", aurait déclaré, toujours selon l'agence, Clotilde Reiss, répondant au juge qui lui demandait si elle avait écrit un rapport sur les manifestations à l'université  et au bazar d'Ispahan. "Mlle Reiss est accusée d'avoir rassemblé des informations et encouragé  les émeutiers", affirme l'agence officielle Irna.

Lectrice à l'université d'Ispahan, Clotilde Reiss a créé la surprise en  apparaissant samedi sur le banc des accusés au côté d'une employée locale de  l'ambassade de France, d'un employé de l'ambassade britannique et d'une dizaine d'autres personnes, lors d'une audience fermée à la presse étrangère. Ils sont poursuivis devant le Tribunal révolutionnaire pour leur participation aux manifestations qui avaient suivi la réélection contestée du  président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin.

"Je voulais voir ce qui se passait (...) mes amis et ma famille étaient  inquiets, je leur envoyais des mails pour leur dire que les rassemblements  étaient calmes", aurait déclaré Clotilde Reiss, une passionnée de la culture persane, en ajoutant s'être rendue aux manifestations les 15 et 17 juin. "Je demande pardon au pays, au peuple et au tribunal d'Iran et j'espère que  je serai graciée", a-t-elle ajouté.

"Un rapport sur le nucléaire iranien"

Détenue depuis le 1er juillet, la Française de 24 ans aurait également dit avoir  fait un rapport il y a deux ans sur le nucléaire iranien. "Dans le cadre d'un stage au CEA (Commissariat français de l'énergie  atomique), où mon père travaille comme expert, j'ai rédigé un rapport sur  les politiques en Iran en lien avec l'énergie nucléaire", aurait-elle dit, selon  l'agence Isna. "J'ai utilisé des articles et des informations qu'on trouve sur internet et  il n'y avait rien de secret", a-t-elle précisé.

Le procureur du tribunal Abdolreza Mohabati a affirmé que les accusés avaient "élaboré un plan, pour le compte de l'opposition et de pays étrangers,  pour renverser le régime", selon Fars. Une employée du service culturel de l'ambassade de France, Nazak Afshar,  arrêtée jeudi selon Irna, aurait affirmé lors de l'audience que l'ambassade avait  demandé à ses employés d'accueillir les manifestants dans ses locaux si cela  s'avérait nécessaire. Son fils, Arash Naimian, a, de son côté, dénoncé des "aveux" forcés.

Un employé local de l'ambassade britannique, Hossein Rassam, arrêté puis libéré sous caution avec plusieurs de ses collègues, a été lui accusé  d"espionnage", selon Irna. Londres a dénoncé une "provocation" de Téhéran. M. Rassam aurait affirmé que l'ambassade avait demandé à son personnel local d'être présents aux "émeutes" aux côtés de deux diplomates britanniques, expulsés en juin. Le procureur a accusé Londres et Washington d'avoir joué un rôle dans les  "émeutes", les plus graves de l'histoire de la République islamique, lors  desquelles 30 personnes ont péri, selon le bilan officiel. "Certains diplomates britanniques ont pris part aux rassemblements illégaux  de Téhéran", a dit le procureur.

"La cellule politique de l'ambassade de Grande-Bretagne rassemblait des  informations sur les responsables (iraniens), les Gardiens de la révolution, la  milice des Bassidj", a-t-il dit. Une centaine d'accusés avaient comparu à l'ouverture du procès le 1er août.  La date de la prochaine audience n'a pas été précisée.

(D'après agence)

le 08 août 2009 à 08:35
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71 Commentaires

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  • Fati, le 09/08/2009 à 22h02

    Je suis iranienne, et je pense qu'elle n'aurait jamais du agir ainsi. elle vit elle même en Iran et elle devrait savoir c'est risquer sa vie. Tous les cites sont surveillés, sans exception. Cela n'importe rien d'envoyer des rapports a l'ambassade de France, mais bon. j'espère pour elle, qu'il ne va rien lui arriver. Peut-etre quelques années en prison, mais c'est mieux....

  • Titi, le 09/08/2009 à 11h38

    Bravo mikko de toulouse ! Je pense en effet que nous pays démocratiques, nous devons combattre la dictature, ça ce n'est pas faire n'importe quoi ! Oui c'est risqué, mais c'est en prenant des risques qu'on avance ! Comme d'autres personnes avant nous !

  • Jean, le 09/08/2009 à 11h24

    Pourquoi ces gens vont-ils dans des pays pour y faire de la photo? Il faut dire que toute information est négociable. Mais aller dans ce but, cela devient de la provocation,surtout dans une Dictature comme l'Iran; c'est risquer sa vie, et elle ne pèse pas lourd la-bàs. c'est de l'inconscience !

  • Aphrodite, le 09/08/2009 à 11h23

    Hier, aux nouvelles de LCI, on a vu la jeune-fille française avec un foulard, habillée comme les gens de ce Pays. Elle demande "pardon" au peuple irannais..... Image vraiment très choquante où on ne voit que des hommes...... et cette pauvre fille au milieu d'eux. Iran se régale et la France exige sa libération ! Mais pourquoi s'obstiner à aller dans des Pays non sécurisés, nombre de personnes se trouvent emprisonnées pour de simple délit ou pour rien?

  • Claude, le 09/08/2009 à 08h17

    16 juillet 2008 .........Une Chinoise surdouée de 22 ans, soupçonnée d'espionnage industriel chez l'équipementier automobile V...., a été arrêtée et incarcérée. ... en France aussi il arrive que l'on soupçonne ..... on ne peut pas toujours faire n''importe quoi , même en France . Elle a pensé certainement qu 'elle allait " refaire le monde " , dans un pays dirigé par une dictature c'est quand même assez risqué .......

  • Bri, le 08/08/2009 à 22h46

    Nos amis qui s'expriment :FB de Mexico et Bandit 40 qui vivent ou ont vécus dans l'esprit compliqué de l'orient savent exprimer ...Mais pas question de ne pas essayer de comprendre cet état d'esprit . Elle a raison Clotilde de dire ce qu'il s'est passé honnètement

  • Mauro, le 08/08/2009 à 22h16

    Dans aucun pays du monde et, notamment en Europe,l'on ne peut s'exprimer librement sans risques; surtout si les propos risquent d'être jugés subversifs.Et si on le fait ,même sans recherche d'un petit pouvoir,cela génère un risque de gêner le pouvoir(c'est pour cela qu'il faut donner son adresse e.mail) par exemple;alors que l'on soit poursuivi dans des pays plus paranos quoi d'étonnant?Ne sommes nous pas pistés par des services au fait de tous nos mouvements , paroles et habitudes les plus anodines?C'est le monde qui va à la perdition dans lequel nous vivons encore avant le grand jour des comptes.Prions pour cette gosse et tous les persécutés,ce n'est pas subversif et c'est efficace...enfin si ça n'est pas encore jugé aussi subversif que débile;nous ne sommes plus comme nos aïeux ou les américains le sont encore par exemple .

  • Fb, le 08/08/2009 à 20h59

    Sauf à prouver qu'elle a avoué sous la contrainte qu'elle a fait (possibilité qu'on ne peux évidemment pas écarter), il me semble quand même que remettre un rapport politique à son ambassade s'apparente un petit peu à de l'espionnage(même si il ne s'agit pas de plans de centrale nucléaire)et participer à une manifestation hostile au pouvoir en place est un peu imprudent et provocateur. Et le tout en Iran, qui n'est pas spécialement réputé pour son respect des droits de l'homme, non plus que son pro-occidentalisme. Encore une fois sous la réserve de la véracité de ses aveux, la conduite de la demoiselle parait très irresponsable et imprudente.Et toujours sous cette même réserve, la France n'est pas plus fondée à exiger sa libération qu'elle ne l'est à le faire de Florence Cassez, qui jusqu'à la preuve de son innocence (son procès ne fut pas un exemple d'impartialité ni de rigueur) a été déclarer coupable. Se rendre dans un pays étranger comporte entre autres obligations de se plier aux lois et coutumes en vigueur. Les Français ou autres Européens l'oublient trop souvent.

  • Bandit40, le 08/08/2009 à 19h16

    J'aime l' Iran,vous avez raison,j'ai fait ,et je suis en faute...ect......!!!Elle a raison la petite,c'est la seule solution à suivre ,pour pouvoir avoir l'espoir d'être libérée !Si cela n'est pas malheureux d'en arriver là ....! Et dire qu'à partir de l'année 2000 ,c'était prévu que les hommes deviennent fous ........???Je suis pas étonné

  • Thmess, le 08/08/2009 à 19h14

    Evitons ce pays, ainsi que 'autres, même pour des motifs culturels

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